La SOPFIM s’attaquera à l’épidémie en déployant sept à huit avions qui pulvériseront un insecticide biologique sur 147 000 hectares de forêt gaspésienne.

Forte progression de la tordeuse des bourgeons de l’épinette en Gaspésie

MATANE – Les superficies infestées par la tordeuse des bourgeons de l’épinette ont fait un bond de 43% en Gaspésie par rapport à l’an dernier. Dans quelques jours, la Société de protection des forêts contre les insectes et maladies (SOPFIM) s’attaquera à l’épidémie en déployant sept à huit avions qui pulvériseront un insecticide biologique sur 147 000 hectares de forêt pendant sept à huit semaines.

L’infestation en Gaspésie, qui était d’environ 915 000 hectares l’an dernier, a augmenté à 1,3 million d’hectares. Par contre, les superficies touchées par la tordeuse sont trois fois plus importantes sur la Côte-Nord avec 3,6 millions d’hectares cette année, ce qui représente une augmentation de 6% par rapport à l’été dernier. Pendant la même période, l’épidémie a diminué de 6% au Bas-Saint-Laurent, passant à 1,2 million d’hectares atteints.

Le programme d’arrosage de la SOPFIM, qui en est à sa troisième année d’activité, est prévu pour une quinzaine d’années. «On suit l’épidémie, explique le directeur général de l’organisme, Jean-Yves Arsenault. On va quitter le secteur dans une douzaine d’années lorsqu’on aura fait tout l’Est-du-Québec.» La région de la Capitale-Nationale n’a presque pas été touchée pour l’instant. «Mais, ça va venir et on devra aller travailler dans ce secteur-là», prévient M. Arsenault.

Pour la première fois, les avions-citernes décolleront de l’aéroport de Matane afin d’arroser 47 000 hectares dans le secteur. Comme elle le fait à chaque nouvel endroit, la SOPFIM a tenu une soirée d’information à Matane, mardi, à laquelle une cinquantaine de citoyens ont participé. Pour le directeur général de l’organisme, c’était un record d’assistance.

Les questions reflétaient principalement des inquiétudes sur la santé humaine et animale par rapport à l’insecticide, le Btk (Bacillus thuringiensis var. Kurstaki). Utilisé depuis 2009, l’insecticide biologique est sans danger, a assuré Jean-Yves Arsenault. Le pire inconvénient réside dans le bruit des aéronefs pour les résidents qui habitent à proximité de l’aéroport. «Ça veut dire que j’en ai pour douze ans encore à me faire réveiller à 4h30 du matin», a lancé un résident du secteur, visiblement incommodé par le bruit des appareils. «C’est un avion avec une turbine, explique le dirigeant de la SOPFIM. Quand il dépasse la vitesse du son, ça fait un claquement.» Les appareils de haute performance volent à une hauteur de 18,3 mètres au-dessus des arbres.