Le nouveau premier ministre de l'Ontario, Doug Ford

Ford annule la participation de l'Ontario au marché du carbone

Le nouveau premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, a annoncé mardi que son gouvernement procède dès maintenant à «l'élimination ordonnée» de tous les programmes financés par les recettes du système de plafonnement et d'échange de droits d'émissions de gaz à effet de serre, communément appelé «marché du carbone».

Dans un communiqué publié mardi, M. Ford indique qu'il a abrogé les règlements qui maintenaient en place ce système. L'Ontario ferme donc sa «bourse du carbone», qui avait ouvert son marché en mars 2017, sous le gouvernement libéral de Kathleen Wynne. La province s'était ensuite jointe, au début de cette année, au marché du carbone du Québec et de la Californie.

Le chef du Parti progressiste-conservateur, qui a été officiellement investi comme premier ministre vendredi, avait promis que son premier geste serait d'annuler le système de plafonnement et d'échange. Les conservateurs ont toujours estimé qu'il s'agissait là d'une «taxe déguisée».

M. Ford affirme que la province honorera néanmoins les contrats et les commandes qui ont déjà été signés pour des projets financés par le système, comme l'isolation à haut rendement énergétique et la rénovation des fenêtres.

Certains rabais pour les solutions à haut rendement énergétique financées au moyen des revenus du système de plafonnement et d'échange - en vertu du programme «OntarioVert», notamment - avaient déjà été éliminés avant l'entrée en fonction officielle de M. Ford, la semaine dernière.

Le premier ministre indique que le gouvernement décidera au cas par cas si certaines initiatives auparavant financées par le programme seront payées par des recettes fiscales. M. Ford soutient que ces décisions prendront en compte le plan global de son gouvernement pour la province et les résultats de la vérification comptable des ressources du gouvernement, promise en campagne électorale.

«Les systèmes de plafonnement et d'échange des droits d'émission de gaz à effet de serre ne sont rien de plus que des ponctions fiscales qui ne représentent aucun gain pour l'environnement et privent les contribuables de leur argent - ils servent avant tout à financer de gros programmes gouvernementaux», explique M. Ford dans le communiqué de son cabinet. «J'ai promis de mettre un terme au gaspillage des fonds publics et, pour ce faire, d'éliminer la caisse noire de la taxe sur le carbone.»

Gel dans la fonction publique

Par ailleurs, le nouveau premier ministre a gelé les salaires des gestionnaires dans la fonction publique et ordonné un examen de la rémunération des cadres et de la direction, afin de réduire les dépenses du gouvernement.

Une note publiée sur le site web du gouvernement vendredi - alors que M. Ford était assermenté - précise que les ajustements de rémunération prévus pour les gestionnaires, cadres et employés non couverts par une convention collective seront suspendus jusqu'à ce que le nouveau gouvernement puisse mettre en place sa «stratégie de gestion des dépenses». Les documents indiquent toutefois que la rémunération au mérite pour le cycle actuel ne sera pas touchée.

Avant même d'être assermenté, M. Ford avait déjà gelé le recrutement dans la fonction publique, à l'exception du personnel de première ligne jugé essentiel, comme les policiers et les agents correctionnels, et il avait mis fin aux dépenses discrétionnaires des fonctionnaires telles que les abonnements aux journaux.

Le chef progressiste-conservateur a fait campagne sur une promesse de «responsabilité financière» et il a promis de trouver des milliards d'économies chaque année sans supprimer des emplois. M. Ford s'est également engagé à lancer une vérification «ligne par ligne» des dépenses du gouvernement afin d'«éliminer le gaspillage».

Le précédent gouvernement libéral avait imposé en 2012 un gel des salaires de cinq ans aux cadres et aux gestionnaires du secteur public. À compter de l'année dernière, les cadres supérieurs des agences du secteur public ne devaient pas toucher plus que la moyenne des «comparateurs appropriés».