C’est au centre Les Rivières que Louise et Henri Provencher ont fêté leur 50e anniversaire de mariage, dans le cadre des activités organisées pour la Journée mondiale de prévention des enlèvements d’enfants.

Fondation Cédrika Provencher: des projets pour contrer les enlèvements

TROIS-RIVIÈRES — Henri et Louise Provencher, grands-parents de Cédrika Provencher, enlevée à Trois-Rivières en 2007, ont célébré leur 50e anniversaire de mariage au centre commercial Les Rivières, ce vendredi 2 août. Dans le cadre de la Journée mondiale de prévention des enlèvements d’enfants (JMPEE), la Fondation Cédrika Provencher présente tout au long de la fin de semaine les nombreux projets de sensibilisation mis sur pied par l’organisme depuis plusieurs années.

C’est en se rappelant des moments suivant la disparition de Cédrika qu’Henri Provencher trouve ses idées de projets. «Toute la famille est en désarroi et espère une chose. C’est ce que nous avons espéré dans le cas de Cédrika: d’avoir du coaching. On aurait aimé avoir une façon de faire, une structure pour réagir», se rappelle-t-il. «Quand je travaille sur des projets, c’est dans cette situation que je me place.»

Un projet d’application mobile, qui est sur la table depuis plus d’un an, fait partie des initiatives inspirées de ce qu’a vécu la famille de Cédrika Provencher le soir du 31 juillet 2007. L’application permettrait aux parents, ou à la personne qui est en charge de l’enfant, de signaler sa disparition rapidement, avant l’arrivée des autorités. «Supposons que c’est au centre d’achats que ça se passe, il y a un rayon qui englobe le centre d’achats. À mesure que l’enfant n’est pas retrouvé, ce cercle va grandir constamment: c’est basé sur le facteur distance-temps», explique M. Provencher.

Ce dernier a également mis sur pied un plan de prévention qu’il a envoyé aux municipalités et villes du Québec. Le document comprend des mesures à mettre en place dans les endroits publics, comme les parcs. L’installation de caméras de sécurité, une augmentation de l’éclairage et une surveillance policière plus accrue près de ces emplacements figurent parmi les recommandations. Rappelons que Cédrika a été vue pour la dernière fois au parc Chapais, à Trois-Rivières.

La fondation a également créé une ligne téléphonique, le 1 855-JE-FUGUE, afin que les jeunes en fugue puissent communiquer anonymement avec l’organisme. «On veut être capable de dissocier fugue et enlèvement», affirme M. Provencher. Lors de la disparition de Cédrika, qui était alors âgée de 9 ans, l’hypothèse de la fugue avait été considérée par les policiers. «C’est une énorme perte de temps», estime le grand-père de Cédrika.

Mieux sensibiliser les enfants 

Plusieurs projets présentés lors des activités entourant la Journée mondiale de prévention des enlèvements d’enfants mettent de l’avant des consignes de sécurité à inculquer aux enfants. C’est le cas du «dictionnaire» que prépare l’auteur Patrick Loranger pour la fondation. Cet outil pédagogique offre des définitions de plusieurs mots tels qu’agression, accident et enlèvement. «Le but, c’est d’enseigner à l’enfant un vocabulaire, pour être capable d’identifier les dangers, les choses auxquelles il est exposé. Quand l’enfant vit quelque chose, il faut qu’il soit capable de le nommer pour le dénoncer», indique l’auteur.

Ce «dictionnaire» va compter plusieurs versions qui seront adaptées selon l’âge de l’enfant. «Pour un enfant du préscolaire, on ne parlera pas de gang de rue, mais dans la version pour le secondaire, on ne parlera pas de quoi faire si t’es tout seul à la maison», note M. Loranger. 

Lors du point de presse qui ouvrait les activités pour la JMPEE, la version audiovisuelle du livre Histoires de prévoir, paru en 2018, a été officiellement lancée par l’éditrice Nancy Godbout. Le recueil de huit contes pour enfants, qui a pour but d’informer les enfants de certaines mesures de sécurité, pourra d’ailleurs être utilisé dès septembre comme matériel pour les cours d’éthique et culture religieuse au premier cycle du primaire.

La Fondation Cédrika Provencher a également commencé la production d’un jeu de société et d’un portail regroupant des organismes de différents pays qui cherchent à prévenir les disparitions d’enfants.

À la recherche de partenaires

Les activités qui se dérouleront jusqu’à dimanche ont également comme but de présenter les différentes initiatives de la fondation à de potentiels partenaires financiers. C’est que les nombreux projets mis sur pied par l’organisme ne peuvent se concrétiser, faute de ressources humaines et financières.

«Ce qu’on souhaite, [...] c’est que, par exemple, quelqu’un qui a une grosse entreprise, un millionnaire, dise, ‘‘Ton projet, on le prend, on le met en marche, puis on s’en occupe’’», affirme M. Provencher.