Une scène qu’on ne reverra plus au Festival du cochon de Sainte-Perpétue, la course au cochon graissé.

Fini la course au cochon graissé à Sainte-Perpétue

SAINTE-PERPÉTUE — Les compétitions animales vont connaître toute une révolution en août prochain au Festival du cochon de Sainte-Perpétue avec la disparition de la traditionnelle course au cochon graissé, devenue controversée au fil des ans.

«Les générations changent et nous devons être à l’écoute. Un grand vent de changement souffle au Hyodrome, la place des courses, qui accueillera un nouvel événement, le défi du sanglichon (un hybride entre un sanglier et un cochon domestique)», a indiqué l’organisation dans son communiqué de presse visant à dévoiler la programmation de cette 42e édition, qui aura lieu du 1er au 4 août 2019.

Dans les dernières années, le Festival du cochon de Sainte-Perpétue aura fait l’objet de nombreuses critiques venant de groupes de défense des animaux. En 2014, l’ex-hockeyeur Georges Laraque avait décrié le fait que, selon lui, le festival utilisait de «pauvres animaux comme divertissement».

L’organisation People for the Ethical Treatment of Animals (PETA) ainsi que la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) de Montréal avaient également critiqué l’événement dans le passé.

La dernière course nationale au cochon graissée aura donc eu lieu le 4 août 2018. Traditionnellement, elle consistait à attraper un cochon à l’intérieur d’une arène en moins de 90 secondes pour le déposer dans un baril placé au centre de la surface. Les participants se devaient de respecter certains règlements vérifiés par un arbitre afin de ne pas blesser l’animal. Entre autres, ils ne pouvaient pas attraper le cochon par les oreilles, les pattes ou la queue.

«C’est sûr qu’on a une petite larme. Dans un sens, c’est un emblème qui disparaît. Mais on ne se fera pas de cachette, c’est une épée de Damoclès qui était toujours au-dessus du comité organisateur. D’une année à l’autre, on ne savait jamais ce qui pouvait arriver, s’il y avait des manifestants ou pas. Il faut dire que les deux dernières années, ce ne fut pas le cas. On n’est pas à l’abri de rien, tout comme à Saint-Tite ou n’importe quel festival où des animaux sont mis en cause», a confié le maire de Sainte-Perpétue, Guy Dupuis, qui ne manque pas de souligner l’importance du Festival du cochon pour sa municipalité, avec ses milliers de visiteurs.

Celui-ci a évoqué également une problématique de santé chez les porcs, qui seraient aux prises avec la propagation d’un virus. «Parfois on dit, pas de changement, pas d’agrément. Le momentum était là. On tourne la page, on y va avec une petite modification, ça ne change rien au reste de l’événement», a ajouté le premier magistrat.

En entrevue, le directeur général Michel Jutras ne cache pas que ces contestations ont fait partie de la réflexion ayant mené à ce virage cette année. «Il y a un peu de tout là-dedans. On essaie autre chose. Notre clientèle d’il y a 40 ans a maintenant 60, 65 ans. Aujourd’hui, la génération qui pousse, les 20-30 ans, ce n’est pas comme il y a 40 ans. On s’est aperçu que notre clientèle pour la course au cochon graissé était plus âgée et que les plus jeunes, ça les intéressait plus ou moins. On s’est dit, on va essayer de faire un petit changement et amener un peu de nouveauté. C’est là qu’on change notre fameuse course au cochon pour une course au sanglichon», explique-t-il.

Déjà, le vendredi, le Festival présentait le défi du sanglier, mais cette activité était méconnue, de l’aveu même de l’organisation. «Le sanglichon, c’est un croisement qui existe et qu’on a découvert cet hiver. On s’est dit, ça va juste amener un peu de curiosité et de nouveauté dans la présentation de cet événement-là qui va avoir lieu le samedi. Le vendredi va devenir plus musical», poursuit M. Jutras.

Quant au défi du sanglichon, «on est en train de peaufiner l’événement». «Il y aura quatre épreuves comme, par exemple, passer dans un cerceau ou un tunnel. Il y aura une présentation particulière des candidats. Notre concurrent va être très bien cuisiné avant d’embarquer dans l’arène», a-t-il laissé entendre.

Selon lui, «la course promet plein de surprises tant chez les concurrents que notre sanglichon, que l’on pense à l’animation, l’interaction avec la foule, l’écran géant pour voir les reprises et encore». «Venez défier notre sanglichon devant nos 4000 festivaliers bien assis au Hyodrome. Ça va se dérouler le samedi 3 août sur le coup de 20 h», a fait savoir M. Jutras.

Le lendemain, comme autre compétition animale, on retrouvera les tirs de chevaux avec 24 duos de chevaux venant de tous les coins du Québec. «Cette compétition démontrera la force de traction de cet animal», se plaît-il à promouvoir.

Programmation artistique

Pour cette 42e édition, les festivaliers auront droit à une programmation artistique à saveur Folk Country, Pop Rock, Folk Rock et Hip Hop Rap sur la scène Loto-Québec.

Le jeudi 1er août, les 2Frères s’arrêteront à Sainte-Perpétue avec leur nouvel album La Route. Le lendemain, un programme double avec Kaïn et Loud. Et le samedi 3 août, ce sera au tour des Cowboys fringants de divertir la foule.

Sur la scène Coors Light se succéderont le duo Thibodeau-Côté de Nicolet, six musiciens de la région pour un hommage festif à Bob Bissonnette, un groupe de la Beauce, les Twin Brothers et le chansonnier Gilbert Lauzon.

«Il y aura des compétitions top fuel avec le plus gros drag de rue de motos au Québec, la course de tracteurs à gazon modifiés et une nouvelle compétition de moto de toutes sortes, deux, trois ou quatre roues», conclut M. Jutras, qui invite les gens à acheter le «passeporc» à 35 dollars en prévente et 45 dollars au prix régulier, les 12 ans et moins étant admis gratuitement en tout temps.

LE FWST attend le dépôt du rapport d’experts

Critiqué ces dernières années par des défenseurs du bien-être animal, le Festival western de Saint-Tite (FWST) est toujours dans l’attente du rapport du comité d’expert indépendant qui analyse ses pratiques entourant les rodéos. Ce rapport qui doit être déposé ce printemps permettra au comité consultatif mandaté par le MAPAQ, qui regroupe notamment les défenseurs du bien-être animal et le Festival western, de poursuivre ses travaux. Le directeur général du FWST, Pascal Lafrenière, soutient que son organisation respecte les lois et que ses pratiques entourant les rodéos sont des exemples à suivre pour l’industrie. Par ailleurs, les organisateurs soutiennent être en évaluation constante de leur pratique concernant le bien-être animal. 

avec Gabriel Delisle