La ministre des Affaires francophones de l'Ontario, Caroline Mulroney.

Financement de l'UOF: le bureau de Mulroney pointe du doigt le fédéral

Le bureau de la ministre des Affaires francophones de l’Ontario, Caroline Mulroney martèle que le financement de 1,9 million $ octroyé à l’équipe de mise en oeuvre de l’Université de l’Ontario français (UOF) par le fédéral prouve qu’Ottawa a sous-financé la communauté franco-ontarienne.

«Avec le financement pour le projet de carrefour francophone du savoir et de l’innovation à Toronto, le gouvernement Trudeau reconnaît que son gouvernement sous-finance les francophones en Ontario. Nous sommes heureux de voir que notre message est finalement entendu par le gouvernement Trudeau», écrit Jesse Robichaud, porte-parole de la ministre dans un courriel.

Mme Mulroney enjoint le fédéral à adresser «l’écart qui existe entre l’Ontario et la moyenne canadienne» en matière de financement pour les services en français.

Elle donne en exemple la somme versée par habitant ailleurs au pays et soutient que l’argent en Ontario est inférieur à la moyenne dans les autres provinces.

«Le gouvernement Trudeau, dans l’Entente Canada-Ontario, propose de verser moins de 3$ par habitant pour les services en français en Ontario, beaucoup moins que la moyenne de 9,78$ dans les autres provinces. Par exemple, le Manitoba reçoit 35,71$ et le Nouveau-Brunswick 7,31$», ajoute M. Robichaud.

Le bureau de Mme Mulroney n’a pas indiqué si cette dernière avait l’intention de répondre à l’invitation de la ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie du Canada, Mélanie Joly, pour financer le projet de l’UOF.

Dans la lettre envoyée à Mme Mulroney dimanche soir, la ministre Joly indique qu’une «contribution du gouvernement fédéral au projet de l’Université est conditionnelle à ce que la province lui présente une demande de financement, et qu’elle s’engage à assumer au moins 50 pour cent des coûts totaux.

De son côté, la ministre de la Formation et des Collèges et Universités de l’Ontario a rappelé que son gouvernement n’a pas l’intention de changer son fusil d’épaule.

«Le gouvernement de l’Ontario a indiqué à l’automne qu’il n’était pas en mesure de financer le projet de l’Université de l’Ontario français pour le moment. Par conséquent, le ministère de la Formation et des Collèges et Universités ne fournira pas de fonds supplémentaires pour appuyer la mise en oeuvre de la nouvelle université pendant que le projet est mis en suspens», écrit la ministre Merrilee Fullerton dans un courriel.

Elle ajoute que «le conseil d’administration peut obtenir des fonds privés et publics auprès d’autres entités pendant l’interruption du développement du projet».

La présidente du conseil de l'UOF, Dyane Adam, a de son côté accueilli positivement l'annonce du fédéral.