Deux chiens de type pitbull

Fillette défigurée par des pitbulls: Jean Gilles Karim subit son procès criminel

LONGUEUIL — La mère de Vanessa, cette fillette de sept ans attaquée et défigurée par un pitbull en 2015, a raconté au tribunal comment elle s'est jetée de tout son corps sur sa fille pour la protéger pendant qu'elle vivait des moments d'angoisse parce qu'elle avait alors perdu de vue son autre fille.

Magdalena Biron a raconté lundi en détail l'attaque qu'a subie sa fille Vanessa dans un parc de Brossard en septembre 2015, au procès de l'homme qui était responsable du chien qui a chargé, ainsi que d'un autre chien qui était aussi au parc, sans laisse.

Karim Jean Gilles subit son procès, prévu pour deux jours, au palais de justice de Longueuil.

Il a été accusé d'avoir causé des lésions corporelles par négligence criminelle. L'homme était connu des services policiers, a souligné l'enquêteure au dossier, Laura Comeau. Le jour de l'attaque, il était en bris d'engagement.

Après avoir reçu l'appel du 9-1-1, les policiers se sont rendus à la résidence où l'accusé habite avec sa mère. Il a refusé de collaborer avec les forces de l'ordre qui ont défoncé sa porte à coups de bélier. Au deuxième coup, il s'est rendu.

Vanessa a notamment subi des blessures au visage, en plus d'une fracture au crâne et à une main. Les muscles et les nerfs d'un côté de son visage ont été broyés et un os de sa joue a été fracturé en sept morceaux, a expliqué Mme Biron. Elle a une paralysie au visage, n'a plus de glandes salivaires et son canal auditif a été déchiré. Son visage n'est plus symétrique, a relaté avec difficulté sa mère.

Mme Biron s'est rendue au parc Marquise le 20 septembre 2015 en après-midi avec ses deux filles. Elle a raconté avoir tout de suite vu une dame qui était avec deux pitbulls, sans muselière, ni laisse, ni même un collier. Cette dame a été identifiée par un autre témoin comme étant la mère de l'accusé. Mme Biron dit l'avoir approchée pour lui demander pourquoi les deux chiens étaient en liberté.

Ils se sont alors mis à grogner et à japper, faisant peur aux deux enfants, l'aînée Vanessa et Victoria, âgée de cinq ans, qui se sont mises à courir dans des directions opposées.

La dame a crié à la mère de dire à ses filles de cesser de courir. Mme Biron a dit que sa fille Vanessa est revenue vers elle mais le chien a sauté sur la fillette et tentait de la mettre au sol. La dame a ramassé une branche au sol et a battu le chien, puis a pris Vanessa et l'a cachée sous sa longue jupe, a raconté Mme Biron. Mais le chien n'arrêtait pas et essayait de la mordre. La fillette s'est sauvée de sous la jupe de la dame et le chien l'a attrapée.

«Le plus petit des deux chiens a mordu Vanessa. Il l'a traînée sur trois ou quatre mètres, par le visage», a dit Mme Biron.

La fillette a essayé de se protéger avec sa main droite, et c'est alors que sa main a été fracturée. Le chien l'a aussi agrippée avec sa mâchoire par le cou.

«J'ai sauté pour la protéger avec mon corps. J'ai mis mes bras autour de ma tête. J'ai senti ses dents sur ma tête», a relaté la mère de famille, qui croit être restée au sol, enveloppant sa fille, de cinq à dix minutes.

«Je n'avais aucune idée où était Victoria. C'était très traumatisant pour moi. J'ai essayé de protéger ma fille et je n'avais aucune idée où était ma plus jeune», a-t-elle dit en éclatant en sanglots. Elle savait qu'il y avait aussi un deuxième chien.

Jean Gilles Karim

Une voisine qui a témoigné au procès, Line Bonenfant, a dit avoir ensuite vu l'accusé se battre avec son chien pour tenter de le maîtriser. Personne n'a encore expliqué à quel moment l'accusé est arrivé au parc.

Karim Jean Gilles se représente seul et n'a posé pour le moment aucune question en contre-interrogatoire des témoins de la Couronne.

Claudie Gilbert, la procureure de la Couronne, a annoncé qu'elle appellera à la barre 12 témoins.

Elle a indiqué au juge qu'elle établira le lien entre l'accusé et les chiens. Elle va aussi faire témoigner des gens du voisinage pour démontrer la dangerosité passée des animaux.

Une employée de la Ville de Brossard est venue dire que les registres municipaux indiquent qu'un chien nommé Ashes a été enregistré au nom de l'accusé en 2014 et qu'un autre chien nommé Jordan a été enregistré en 2013.

Les deux animaux ont depuis été euthanasiés.

Le plus gros des deux, Jordan, avait déjà fait l'objet de plaintes. Il avait été impliqué dans une attaque avec un autre chien en 2015 et en 2012, un citoyen avait rapporté que l'animal était en liberté.

L'accusé est passible de 10 ans de prison.