Le pdg de Desjardins, Guy Cormier, en conférence de presse, jeudi

Faille de sécurité: Desjardins prolonge la période de protection

MONTRÉAL — Dans la foulée d’une faille de sécurité sans précédent ayant permis le transfert illégal d’informations personnelles de 2,9 millions de membres du Mouvement Desjardins, la coopérative a décidé d’augmenter la protection offerte.

Sur son site Web, vendredi, le groupe financier offre à ses membres concernés un service de surveillance, à ses frais, d’une durée de cinq ans, alors que la veille, on faisait plutôt état d’une période de 12 mois.

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Desjardins souligne que ce service «inclut une surveillance quotidienne de votre dossier de crédit, des alertes en cas d’activité et une assurance en cas de vol d’identité».

La coopérative compte quelque sept millions de membres. Au total, c’est 2,7 millions de particuliers et 173 000 entreprises, soit 41 pour cent de sa clientèle, qui sont affectés.

Des noms, dates de naissance, numéros d’assurance sociale, adresses, numéros de téléphone, courriels - des informations prisées par les fraudeurs - ainsi que des renseignements en matière d’habitudes transactionnelles et de produits détenus ont été transmis illégalement à des tiers.

Toutefois, les mots de passe, les numéros d’identification personnels des membres et leurs questions de sécurité n’ont pas été compromis.

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QS demande à la CAQ une nouvelle loi d’accès à l’information

Québec solidaire (QS) demande aux élus de resserrer la sécurité des données personnelles, à la suite du cafouillage de Desjardins.

QS réclame une réforme de la Loi sur l’accès à l’information, qui date de 1982 - une réforme attendue depuis longtemps qui n’a toujours pas abouti.

Le porte-parole du parti en matière de finances, Vincent Marissal, a transmis vendredi une demande à la commission parlementaire des institutions pour qu’elle se saisisse d’un mandat d’initiative en ce sens.

Dans une entrevue avec La Presse canadienne, M. Marissal a dit que cet événement était traumatisant pour beaucoup de monde et qu’il était lui-même touché.

Selon lui, il faut mettre fin à la récréation et resserrer les règles pour les entreprises. Il demande à ce qu’une nouvelle loi soit adoptée au plus tard d’ici un an, ce qui serait largement suffisant à son avis.

Soulignons que contrairement au secteur bancaire qui relève du gouvernement fédéral, le secteur financier coopératif relève du Québec.