Sylvain Gaudreault et deux autres députés du Parti québécois s’entendent pour dire que l’expertise en hydrocarbures est faible au Québec, d’où l’importance d’instaurer un BAPE générique.

Exploration d'hydrocarbures: le PQ réclame l'intervention du BAPE

CARLETON — Trois députés du Parti québécois réclament l'intervention du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement afin d'étudier en profondeur tous les impacts que la filière pétrolière pourrait avoir en Gaspésie, où trois emplacements, Haldimand, Galt et Bourque, sont l’objet de campagnes d’exploration d’hydrocarbures.

Les députés, Sylvain Gaudreault, critique de l’opposition en matière d’environnement, Sylvain Roy, député de Bonaventure et Sylvain Rochon, porte-parole en matière de ressources naturelles, appuient notamment leur demande sur un sondage publié à la fin de 2017 et statuant que près de 90 % des Gaspésiens souhaitent un «BAPE générique», à savoir que cet organisme examine l’impact de la filière pétrolière sous tous les angles, comme c’est arrivé en matière de gaz de schiste et d’énergie nucléaire.

«Plusieurs enjeux sont au cœur des préoccupations des Gaspésiens : les retombées économiques pour la Gaspésie, les effets sur les autres secteurs d’activité, comme le tourisme, les impacts de la fracturation hydraulique ou d’un autre procédé chimique similaire sur l’eau potable et sur l’air, la contribution des projets aux émissions de GES [gaz à effet de serre], etc. Pour gagner la confiance des gens, il est indispensable de leur fournir une information complète et objective, et de leur donner la possibilité de s’exprimer», affirme Sylvain Gaudreault.

Sylvain Rochon ajoute que les Gaspésiens ont été échaudés par le gouvernement de Philippe Couillard parce qu’il a adopté la loi 106, sur les hydrocarbures, sous le bâillon, et d’autres règlements sans débat public.

«Le Parti libéral et la CAQ approuvent la fracturation hydraulique sans connaître les impacts […] Les citoyens ont pourtant le droit de savoir si l’utilisation de cette technique et de procédés semblables est courante chez eux», souligne le député de Richelieu.

«Les Gaspésiens ne sont pas contre les projets de développement économique, mais ils sont contre l’opacité», enchaîne Sylvain Roy.

Les trois députés s’entendent pour dire que l’expertise en hydrocarbures est faible au Québec, d’où l’importance d’instaurer un BAPE générique. «Ce serait le temps», souligne Sylvain Roy.

Moreau en retard

MM. Gaudreault, Rochon et Roy font remarquer au ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, aussi responsable de la Gaspésie, Pierre Moreau, qu’il est en retard dans son engagement pris envers les maires de la Gaspésie le 4 décembre. Les maires avaient alors demandé à entendre les intentions du gouvernement avant le 1er mars, et de partager les connaissances du gouvernement en matière de pétrole.

Le Soleil a vérifié lundi et la rencontre aura lieu mercredi. Elle était au programme avant la convocation du point de presse des députés péquistes.

Cet autre chapitre du feuilleton pétrolier gaspésien survient cinq jours après qu’un jugement en Cour supérieure ait invalidé une requête d’indemnisation de 1 million$ déposée par la firme Gastem contre Ristigouche-Sud-est. La juge Nicole Tremblay y a d’ailleurs spécifié que les municipalités avaient le devoir de protéger leurs citoyens, notamment en matière d’eau potable.

Le maire de Ristigouche-Sud-est, François Boulay, ne cache pas son peu de confiance en la capacité du gouvernement Couillard de protéger l’eau.