Philippe Goulet et Félix Abraham excellent à la fois au hockey et au baseball. Les deux attaquants saguenéens devraient être sélectionnés samedi lors du repêchage de la LHJMQ à Québec.

Excellents au baseball, ils devraient être repêchés par une équipe de la LHJMQ

En cette ère de surspécialisation dans le sport, Félix Abraham et Philippe Goulet font du sport 12 mois par année, mais pas seulement du hockey. Les deux joueurs régionaux, qui devraient être sélectionnés au repêchage de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), samedi, excellent également au baseball pendant la période estivale, faisant tous les deux partie de la version midget AAA des Voyageurs de Saguenay.

Pour les deux amis, qui se suivent dans ces sports depuis plusieurs années, les deux sports ont pris plus d’importance à partir du pee-wee quand ils ont commencé à faire partie des équipes provinciales. Les deux attaquants ont été séparés pour une rare fois, la saison dernière, alors que Félix Abraham portait les couleurs des Élites de Jonquière dans le midget AAA tandis que Philippe Goulet, qui a tout de même joué une dizaine de parties avec les Élites, évoluait dans le calibre inférieur, le midget espoir, avec les Espoirs du Saguenay–Lac-Saint-Jean, amassant 28 points en 29 rencontres.

Dans leur esprit, la pratique du baseball amène son lot d’avantages, comme les réflexes, la coordination, le jugement de la balle ou la prise de décision. Conjuguer l’entraînement spécifique au hockey et une saison très chargée de baseball de 52 matchs leur demande également une discipline importante, notamment pour le sommeil et l’alimentation. « Il y en a qui disent que le baseball, ce n’est pas de l’entraînement, mais c’est une forme d’entraînement pareil. Pour n’importe qui, jouer un programme double au gros soleil, c’est fatigant. Tu cours quand même. Ce n’est pas seulement sur le terrain. Tu arrives 1 h 30 avant le match, on s’étire et on se lance. C’est dur physiquement pour les bras et les jambes. Il faut aussi rester debout pour un match qui va durer deux ou trois heures », fait valoir Félix Abraham, qui est classé dans les rondes 13 à 15 par la Centrale de recrutement de la LHJMQ.

« Il faut être allumés au baseball. Il faut que tu juges les balles, et tu as une fraction de seconde. Au bâton, tu n’as personne pour t’aider », rappelle le joueur de champ extérieur, qui ratera quelques-uns des 52 matchs des Voyageurs afin d’être au sommet de sa forme.

« Les jours qu’il n’y a pas de baseball vont être dédiés à l’entraînement », assure pour sa part Philippe Goulet, qui fait partie des espoirs de la 9e à la 12e ronde, selon la Centrale, lui qui évolue à l’avant-champ dans le diamant, principalement à l’arrêt-court. Les Voyageurs connaissent un très bon début de saison, se retrouvant au premier rang de la division 2 avec un dossier de sept victoires et six défaites.

Pression

Le baseball est un sport moins intense que le hockey, ce qui ne veut pas dire que la pression n’existe pas. Cette façon de réagir sur le terrain peut également avoir des bénéfices sur la patinoire. « Au hockey, c’est toujours stressant un match qui est serré. Au baseball, en défensive, c’est peut-être un peu moins stressant. Quand tu tombes au bâton avec deux retraits et que tu dois absolument marquer un point, là ce sont des moments qui viennent rejoindre le hockey. Ça reste que le hockey amène un plus gros stress. On dirait aussi qu’on se met plus de pression au hockey parce que c’est plus gros, même si on ne veut pas. Le baseball, on en parle quand même moins. Les deux, on veut gagner, donc on se met beaucoup de pression dans les deux sports, fait valoir Félix Abraham. Mentalement, quand tu tombes dans une passe où tu frappes moins, il faut que tu sois fort mentalement. Tu oublies ça et tu recommences. Ça apporte ça au hockey dans les moments de stress. » « Ça dépend où tu joues au baseball. Comme lanceur, tu as une plus grosse pression. À l’arrêt-court, ce n’est pas sûr que tu vas avoir une balle. Au hockey, quand tu es sur la glace, une erreur, ça va être fatal, tu n’as pas le choix de bien jouer », de souligner Philippe Goulet.

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TOUJOURS UNE PLACE POUR LE BASEBALL

Avec la place que prend le hockey dans leur vie, Philippe Goulet et Félix Abraham ont tous deux réfléchi à leur avenir au baseball au cours des derniers mois. Pas question pour le moment de laisser tomber le baseball ! 

« Je ne suis pas capable d’arrêter un des deux sports. Je suis trop passionné par les deux », annonce sans détour Félix Abraham.

« Je me suis demandé si je voulais faire un été seulement à m’entraîner et jouer au baseball. Quand tu n’es pas sur le terrain, tu ne peux pas faire vraiment autre chose. Il faut que tu te reposes un moment donné. Tu ne peux pas le soir aller voir tes amis, reprend l’attaquant des Élites de Jonquière. Je prends l’aspect d’arriver peut-être un peu moins en forme au camp junior, mais le baseball n’est plus secondaire. Je le prends aussi à cœur que le hockey. C’est une passion. Je suis rendu à un point où j’ai compris pourquoi je voulais continuer au baseball. Je ne veux plus arrêter parce que j’ai compris que c’était aussi important que le hockey. »

Pour Philippe Goulet, le baseball permet également de se libérer la tête et de fréquenter d’autres amis.

« Je ne sais pas encore si je vais jouer encore l’année prochaine. Ça va être une année à la fois », précise-t-il, prenant également en compte l’aspect financier de pratiquer deux sports d’élite. 

Sur ce point, le repêchage de samedi représentera une récompense pour ses efforts, mais également ceux de ses parents et proches. « C’est une belle journée qui nous attend », fait-il valoir. 

« Avec le baseball, c’est rare que tu n’as rien pendant une fin de semaine complète », rappelle-t-il, sur les sacrifices des autres membres de sa famille.

Si les deux joueurs risquent d’attendre quelques heures avant d’entendre leur nom au micro, samedi, au Centre Vidéotron, ils n’en font pas de cas. 

Ils désirent seulement enfiler un chandail, peu importe lequel, mais pas seulement pour la forme. 

« Pour le style de jeu que j’ai, la ronde ne me dérange pas. Peu importe où je vais arriver, je sais que je vais donner autant que je sorte en 4e ou en 12e ronde. Je veux avant tout me faire repêcher par une équipe qui me veut, que je sens qu’ils veulent m’avoir, qu’ils ne m’ont pas pris parce que j’étais disponible rendu là, une équipe qui veut me voir et qui a hâte de me voir au camp », raconte Félix Abraham, prenant exemple sur Rafaël Harvey-Pinard, sélectionné en huitième ronde par les Huskies de Rouyn-Noranda en 2015. 

« L’équipe le voulait et lui a fait confiance, et il est rendu où il est rendu », souligne-t-il, très fébrile pour samedi. 

« Ce n’est pas dit que tu vas jouer junior l’an prochain, mais tu appartiens quand même à une équipe. C’est plus ça mon stress. C’est une grosse étape qui va être franchie », d’avancer Félix Abraham.