Certains amis et ex-collègues d’Yvon Gaudet ne croient pas aux allégations de pédophilie dont il fait l’objet en République dominicaine.

Ex-journaliste arrêté dans le Sud sur des allégations de pédophilie: ses proches le croient innocent

MATANE — Certains amis et anciens collègues de l’ex-journaliste de la station de Radio-Canada à Matane, Yvon Gaudet, n’arrivent pas à croire aux allégations de la police qui le soupçonne d’avoir tenté d’obtenir les faveurs sexuelles d’une fillette de sept ans à Sosua, en République dominicaine, avec la complicité du père de l’enfant. Yvon Gaudet aurait-il été victime d’un guet-apens ou d’une vendetta?

Claude Fortin, qui a travaillé plusieurs années à ses côtés, ne se fait pas à l’idée que les faits qui sont reprochés à son ami puissent être véridiques. «Nous nous visitions mutuellement, raconte-t-il. Nous partagions même un repas à la maison pas plus tard que l’été dernier. De toutes nos rencontres, jamais je n’ai constaté d’écarts de comportement ou de langage qui pourraient me faire croire à sa culpabilité dans les gestes dont il est soupçonné.»

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Même son de cloche du côté de Réjean Sirois qui a côtoyé Yvon Gaudet pendant quelques années à Radio-Canada Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine. «Yvon, au bureau, était d’un contact exceptionnel; il était ouvert aux sujets comme affectateur et acceptait nos explications, se souvient-il. Ce qui est remarquable d’Yvon, c’est son grand respect des personnes, que ce soit des hommes ou des femmes. C’est pour ça que la nouvelle m’a un peu scié les jambes! Jamais au grand jamais, je n’ai perçu qu’Yvon pourrait avoir un penchant déviant comme celui qu’on lui reproche! Jamais!»

Aide financière

Les deux anciens camarades de travail d’Yvon Gaudet ne sont pas surpris à l’idée qu’il aurait pu se lier d’amitié avec des gens ordinaires de Sosua, où il réside pendant quelques mois par année. Ils croient aussi qu’il aurait pu aider financièrement un homme et sa fille de 7 ans. «Ça ne me surprend pas, indique M. Sirois. Qu’Yvon ait pu acheter des souliers à des enfants, c’est tout à fait son genre. C’est un gars au grand cœur avec un bon discernement.»

Ce qui turlupine le plus Claude Fortin, c’est la trame de l’histoire qui suit l’arrestation. Pourquoi un avocat apparaît-il en prison, alors que Gaudet vient tout juste d’être incarcéré? Comment se fait-il, toujours selon M. Fortin, que ce même procureur lui ait promis sa libération moyennant 15 000 $US [19 850 $]? De plus, cet avocat aurait perquisitionné les cartes bancaires et l’argent de son client tant et aussi longtemps que celui-ci n’aura pas acquitté sa dette.

MM. Sirois et Fortin le rappellent : aucune plainte n’a été déposée et la police n’a encore porté aucune accusation contre Yvon Gaudet. L’enquête suit son cours. Entre-temps, il lui est interdit de quitter la République dominicaine. «Je crois en son innocence, affirme Claude Fortin. De nombreuses zones d’ombre méritent ma réserve et ma réflexion, plutôt qu’un jugement précipité.»