L’enquête préliminaire de René Kègle a commencé mardi.

Enquête préliminaire de René Kègle: des détails atroces

TROIS-RIVIÈRES — L’enquête préliminaire de René Kègle pour le meurtre d’Ophélie Martin-Cyr et une tentative de meurtre sur une autre jeune fille a finalement commencé, mardi matin, au palais de justice de Trois-Rivières.

Celle-ci a notamment été marquée par le dévoilement de détails atroces sur la mort de la jeune fille mais également par un débat sur le témoignage à venir de la présumée victime de la tentative de meurtre.

Rappelons d’emblée que le suspect avait été tabassé la veille de son enquête préliminaire le 25 juin dernier par des codétenus à la prison d’Orsainville avec des boîtes de conserve, ce qui avait entraîné le report des audiences. Mardi matin, il est finalement apparu dans le box des accusés sans marques apparentes au visage. Pendant toute la journée, il est d’ailleurs demeuré impassible, regardant souvent le sol pendant les témoignages, les coudes appuyés sur ses genoux.

Dans la salle d’audiences, il y avait peu de personnes hormis quelques journalistes et le père de la victime qui était présent dans la matinée. Celui-ci a refusé d’accorder des entrevues aux médias.

Parmi les personnes appelées à témoigner, il y a la pathologiste Liza Bouchard qui a procédé à l’autopsie du corps et révélé les détails sur les causes et circonstances de la mort d’Ophélie, dont certains qui étaient très durs à entendre. Cependant, il importe de préciser qu’à ce stade des procédures, une ordonnance de non-publication nous empêche de dévoiler le contenu de la preuve pour préserver les informations en vue d’un éventuel procès devant jury.

Au cours de la matinée, on a également pu entendre Louise Charbonneau, technicienne en scène de crimes de la Sûreté du Québec. Elle a expliqué le rôle qu’elle a joué le 10 octobre, peu après la découverte du corps d’Ophélie dans un champs de Yamachiche, et les jours suivants toujours dans le cadre de cette enquête. Plusieurs photos ont notamment été déposées à la cour.

La Sûreté du Québec a perquisitionné le domicile de René Kègle en 2018.

Ce fut ensuite au tour dans l’après midi du spécialiste en balistique judiciaire, Éric Hudon, de parler de son travail dans cette affaire. Il a notamment dû analyser des armes. Il a été suivi par la chimiste et toxicologue judiciaire Audrey Beauchamp-Doré qui a dévoilé les résultats d’expertises toxicologique.

Par la suite, un débat a commencé sur le témoignage à venir de la présumée victime de la tentative de meurtre qui est considérée comme un témoin-clé. C’est elle qui se trouvait dans le véhicule avec Kègle, Martel et Ophélie et qui avait réussi à prendre la fuite en sautant par une fenêtre. La Couronne souhaite la faire entendre par télétémoignage mais la défense, représentée par Me Anne-Sophie Bédard, s’y oppose. À ce sujet, la règle veut qu’elle témoigne en personne devant le tribunal et par le fait même devant le prévenu puisqu’elle a plus de 18 ans. L’enquêteur principal au dossier a notamment témoigné à ce sujet pour parler des raisons qui militent en faveur d’un télétémoignage. À la demande du juge, il a également relaté les grandes lignes de cette histoire, levant le voile du même coup sur les détails sordides de cette affaire.

Le débat devrait se poursuivre mercredi matin avec les plaidoiries de Me Benoît Larouche, procureur de la Couronne.

Le juge fera ensuite connaître sa décision sur la façon dont la jeune femme livrera sa version.

Les audiences devraient durer toute la semaine.

Le présumé complice Francis Martel devrait témoigner jeudi.

Une croix en mémoire d’Ophélie Martin-Cyr a été érigée près de l’endroit où son corps a été retrouvé à Yamachiche.

Vendredi, une autre présumée complice, Shanny Haley, devrait elle aussi être appelée à la barre des témoins.