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L'éditeur Michel Brûlé
L'éditeur Michel Brûlé

Enquête pour authentifier la mort de l'éditeur Michel Brûlé

Isabelle Mathieu
Isabelle Mathieu
Le Soleil
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Au lendemain de l’accident qui aurait coûté la vie à l’éditeur Michel Brûlé au Brésil, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) entame une enquête visant à authentifier le décès de l’homme en attente de peine pour agression sexuelle.

Des médias brésiliens ont rapporté lundi en fin de journée le grave accident de vélo. Michel Brûlé, 56 ans, aurait fait une chute mortelle lorsqu’il circulait à vélo dans une côte du quartier de Buenos Aires, dans la ville de Guarapari au Brésil. Toujours selon les informations du Tempo Real, l’éditeur ne portait pas de casque au moment de l’accident. 

À LIRE AUSSI : L’éditeur Michel Brûlé meurt dans un accident de vélo au Brésil

Le frère de l’éditeur, Martin Brûlé, qui tient une auberge dans cette région, s’est rendu sur les lieux de l’accident. Il aurait eu le temps de lui parler très brièvement avant que M. Brûlé décède. 

L’avocat de Brûlé, Me Charles Brochu, a aussi confirmé le décès de son client.

Michel Brûlé vivait au Brésil depuis décembre, en attente de ses représentations sur la peine à la suite d’une condamnation pour une agression sexuelle sur une auteure.

Il avait participé au processus judiciaire à distance jusqu’à la semaine passée. S’inquiétant que l’accusé tente d’esquiver la justice, la procureure de la Couronne Me Valérie Lahaie avait demandé un mandat d’arrestation dont l’exécution était suspendue jusqu’au 18 juin.

Après l’annonce du décès, l’équipe qui traite les dossiers relevant de l’international au DPCP a commencé à s’activer. La première étape consiste à obtenir un document officiel d’une autorité brésilienne qui confirmera le décès de Michel Brûlé, indique Me Audrey Roy-Cloutier, porte-parole du DPCP.

Au Canada, lorsqu’un accusé décède durant les procédures, la cour obtient généralement un certificat de décès authentifié par deux médecins. Dans certains cas, la confirmation vient d’une maison funéraire.

Le niveau de certitude doit être très élevé, affirme Me Roy-Cloutier. « C’est une décision importante qu’on doit prendre, car si on a la preuve, on va demander au juge de mettre fin au processus judiciaire, rappelle la porte-parole. Tout comme on doit avoir un niveau de conviction élevé quand on décide de porter une accusation, la conviction doit être aussi importante quand on demande le retrait des accusations. »

Aucun intérêt à simuler

L’avocat de Michel Brûlé, Me Charles Brochu, se dit «excessivement surpris que tout le monde pense que c’est un frame-up!».

En entrevue au Soleil, l’avocat rappelle que M. Brûlé avait porté sa condamnation en appel; le mémoire d’appel était presque terminé et les honoraires juridiques avaient déjà été versés.

Avec la nature des gestes pour lesquels il avait été condamné, Michel Brûlé ne risquait pas des années de prison, note Me Brochu. «Il n’avait aucun intérêt à simuler une mort pour ne pas revenir au pays, croit l’avocat. Surtout quand on pense que quand une personne meure, tous ses comptes bancaires sont gelés.»

Me Brochu a l’intention lui aussi d’obtenir un certificat de décès.

Selon l’avocat, Michel Brûlé avait raté la dernière date d’audience en raison d’un imbroglio sur le lien de visioconférence pour accéder à l’audience.

L’éditeur avait trouvé des billets d’avion pour revenir au Canada le 6 juillet, affirme son avocat, qui dit avoir vu une copie des billets d’avion. Brûlé et Me Brochu avaient discuté ensemble à la fin de la semaine dernière, selon l’avocat.