Laurent Duvernay-Tardif a rencontré des donneurs de sang mardi avant d’être honoré à l’Assemblée nationale.

Duvernay-Tardif: un grand champion au cœur tendre  [VIDÉO]

On l’a vu pleurer de joie, après sa victoire au Super Bowl, à Miami, il y a deux semaines. Mardi, au parlement de Québec, Laurent Duvernay-Tardif s’est encore montré ému. Pas tant par la médaille qu’on lui a décernée, dont il s’est quand même dit très fier, mais par la présence de ceux qui lui ont «appris à rêver», ses parents.

Guylaine Duvernay et François Tardif étaient parmi la centaine de personnes réunies dans la nouvelle rotonde toute blanche du parlement, en fin de journée. Leur fiston et premier Québécois à gagner la grande finale annuelle de football de la NFL y recevait la Médaille d’honneur de l’Assemblée nationale.

«Il y en a beaucoup qui disent à quel point ça va bien, ma vie est belle et les accomplissements s’accumulent. Mais c’est grâce à l’éducation que j’ai reçue de mes parents et qui ont toujours été des gens de projets. Qui ont toujours foncé, peu importe», a-t-il déclaré, avec un nœud dans la gorge.

«Mon père était professeur de cégep et tout d’un coup, le rêve, c’est d’aller en voilier pour un an. Y’en a pas, de problème! On va prendre une année sabbatique en famille et on va partir sur un voilier de 30 pieds à cinq personnes. Je ne sais pas si vous savez c’est quoi, 30 pieds...

«On est partis pendant un an, on a fait l’école sur le bateau. C’est des expériences comme ça qui m’ont forgé en tant que jeune homme et qui m’ont permis de rencontrer différentes cultures et d’être exposé à différents modes de vie», a-t-il raconté.

Le premier ministre François Legault a quand même souligné que Duvernay-Tardif, athlète professionnel, diplômé de médecine et philanthrope, n’est peut-être pas aussi parfait qu’on le croit.

«Moi, j’ai vu deux pénalités [écopées par le garde Duvernay-Tardif] et un sac du quart!» pendant le match du Super Bowl, conclu sur une victoire de 31-20 des Chiefs de Kansas City contre les 49ers de San Francisco, le 2 février.

Toujours avec le mot pour rire, M. Legault a souligné qu’«à voir la carrure de Laurent Duvernay-Tardif», colosse de 6’ 5” et 321 lb, «il n’y a personne qui peut nier qu’on est quelque chose comme un grand peuple».

Quelques jours après sa victoire au Super Bowl avec les Chiefs de Kansas  City, Laurent Duvernay-Tardif, a reçu la Médaille d’honneur de l’Assemblée nationale des mains du premier ministre du Québec, François Legault, et du président du Salon bleu, François Paradis.

Pour grand-papa

Parlant de René Lévesque, le grand-père de Laurent, Guy Tardif, a été député et ministre péquiste de 1976 à 1985. C’est donc dans le parlement où son grand-père a œuvré, et dont il était très proche avant son décès en 2005, que le grand garçon de 29 ans originaire de Mont-Saint-Hilaire a été honoré.

«Il me reprocherait encore de ne pas avoir lu Baudelaire, mais à part de ça, il serait fier!» a-t-il ensuite lancé en point de presse, soulignant que sa grand-mère était présente au match du Super Bowl, à Miami.

Quant à lui-même se lancer en politique, Duvernay-Tardif estime que «pour l’instant, tous mes efforts pour avoir un impact positif dans la communauté passent par ma fondation».

Plus tôt mardi, Duvernay-Tardif avait passé quelques heures à l’Université Laval, pour une collecte de sang. Il y a croisé des membres du Rouge et Or et anciens rivaux, qu’il a affrontés avec les Redmen de McGill de 2010 à 2013.

Une fois au parlement, il a assisté à la période de questions au Salon bleu, où sa présence a bien sûr été soulignée, puis il s’est entretenu en privé avec le premier ministre Legault, dans son bureau. Le tout avant la cérémonie pour sa médaille.

Il était aussi sur place pour promouvoir les Journées de la persévérance scolaire, dont il est porte-parole.

Petite journée pour le géant hyperactif, qui profitera de véritables vacances à partir de vendredi. Il retourne à Kansas City à la mi-avril pour le début des activités d’entraînement des Chiefs en vue de la prochaine saison.

Don de sang

Plus tôt dans la journée, le champion des Chiefs est allé à la rencontre de donneurs de sang lors d’une clinique d’Héma-Québec au PEPS de l’UL. «C’est une cause qui me tient à cœur», a dit Laurent Duvernay-Tardif à propos des services d’Héma-Québec, dont il est le porte-parole.

Un organisme dont les services, souligne le diplômé en médecine, vont bien au-delà du don de sang. «Il y a aussi le don de plasma, de cellules souches et de lait maternel. Dans le milieu hospitalier, on en a besoin de ces produits pour sauver des vies.»

Ce type de rencontres avec la population permet aussi de rencontrer des gens qui donnent pour la première fois.

«Les jeunes qui sont premiers donneurs ont de bonnes chances de continuer à donner. Et c’est de ça dont on a besoin au Québec pour pouvoir garder nos banques de sang remplies.»