Des fleurs ont été déposées devant la résidence de Marie-Ève Naud.

Drame conjugal à La Tuque: la communauté est ébranlée

LA TUQUE — Le choc était encore brutal au réveil, mardi matin, pour la petite communauté de La Tuque. Au lendemain de la tragédie qui a coûté la vie à Marie-Ève Naud, les témoignages se multiplient en Haute-Mauricie. Une vague de sympathie déferle également sur les réseaux sociaux où de nombreuses personnes de La Tuque ont changé leur photo de profil pour un cœur afin de démontrer leur soutien à la famille Naud, une famille très connue et surtout très impliquée dans la région.
Marie-Ève Naud

«Tous sont attristés, non seulement les gens d’affaires, mais aussi l’ensemble de la population, on peut clairement ressentir l’élan de sympathie envers les familles touchées», ont indiqué la directrice générale de la Chambre de commerce et d’industrie du Haut Saint-Maurice (CCIHSM) Karine Rochette et la présidente, Mélanie Ricard.

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«La famille Naud, ce sont des gens d’affaires non seulement connus et reconnus, mais aussi extrêmement généreux et impliqués dans le bien-être de leur communauté. La CCIHSM, au nom de tous ses membres, souhaite offrir toutes ses sympathies à cette grande famille et ses employés. Nous sommes tous avec eux en pensée dans cette terrible épreuve», ont-elles ajouté.

On en sait toujours très peu sur la chronologie des événements et toutes les circonstances entourant le drame. La Sûreté du Québec n’a dévoilé aucun détail supplémentaire, mardi. Rappelons que selon nos informations, Marie-Ève Naud aurait été assassinée par son ex-conjoint, Bryan Lévesque, lundi matin. L’homme de 44 ans se serait ensuite enlevé la vie à la résidence d’un membre de la famille Naud. Le couple avait deux jeunes enfants, mais on ignore toujours où ils se trouvaient au moment du drame.

Mardi, des gens ont déposé des fleurs devant la résidence sur la rue des Acacias pour rendre hommage à Marie-Ève Naud. Un peu plus tôt dans la journée, une Latuquoise et sa mère avaient lancé un appel à la communauté.

«Notre communauté est en deuil fasse [sic] au drame qui s’est produit hier. Ma mère Madeleine Bujold et moi irons allumer un lampion, déposer des fleurs ou tout autre objet devant la résidence de la rue des Acacias […] Nous vous invitons à vous joindre à nous si vous êtes touché [sic] de près ou de loin par cet évènement. Collectivement, ressemblons-nous afin de rendre hommage à Marie-Ève. Ensemble, envoyons une vague d’amour aux familles en signe de compassion et de respect», peut-on lire dans l’invitation de Sharell Bolduc.

Partout, d’un bout à l’autre du territoire de La Tuque, on sent la vague de sympathie. À la Coopérative ETC, on a publié un message sur les réseaux sociaux adressé à Paul Naud, le père de la victime dans ce drame. On peut y lire: «Cher Paul, notre communauté est en deuil aujourd’hui. Une inexplicable tragédie est venue bouleverser nos vies. Les mots nous manquent pour exprimer à quel point nous sommes attristés par la dure perte que vous vivez».

Il faut dire que Paul Naud est le président du conseil d’administration de la Coopérative depuis environ deux ans.

«C’est une personne extrêmement impliquée dans le milieu. C’est une personne qui va offrir énormément de soutien aux autres. Pour nous, c’était important de lui rendre la pareille et de lui faire savoir qu’on est de tout cœur avec lui et sa famille. C’était un message de réconfort. […] On a des bénévoles ici qui sont des proches de la famille, ç’a secoué tout le monde quand la nouvelle est sortie», a fait savoir Kate Parent, la directrice générale de la Coopérative.

La tragédie a également eu l’effet d’une bombe au Toit de l’amitié de La Tuque, une maison d’hébergement et de services pour femmes victimes de violence conjugale avec ou sans enfants.

«Personne ne peut rester insensible à cet événement-là ici, comme ailleurs. C’est certain que ç’a eu un impact au niveau des personnes qui utilisent la ressource. Ils se sentent doublement concernés. Dans un homicide conjugal, dans la majorité des cas, il y a eu violence conjugale avant. (Cet événement-là) vient dire que ça peut arriver même ici. Ça concrétise les peurs, ça vient mettre une réalité, mais la peur est toujours là», a affirmé la coordonnatrice Ginette Girard.

«La violence conjugale, ce n’est pas juste physique. Il ne faut pas banaliser les gestes, les mots ou les situations. Il faut apporter de l’aide ou référer vers de l’aide», a-t-elle ajouté.

Sur la page Facebook de Marie-Ève Naud, les messages d’amour et de sympathie se sont multipliés dans les dernières heures.

«Ma belle Marie-Ève, nos petites jasettes autour du panier d’épicerie me manqueront... Toujours de bonne humeur et soucieuse des autres. Je suis certaine que tu veilles sur ta famille et tes deux beaux enfants de là-haut. Mes sympathies à ta famille... Bon voyage Marie», a écrit Véronic Descôteaux.

«Je t’ai dit vendredi que tu resplendissais... Je vais garder cette image de toi pour toujours», a pour sa part écrit Gloria Giguère.

«Tous mes sympathies à vous la famille Naud ... nous ne pouvons pas comprendre vos émotions, mais le premier réflexe que j’ai eu personnellement a été de pleurer de chagrin, car vous étiez une famille soudée unie et ce geste irréparable est totalement surprenant ... et inacceptable en 2019. […] Je vous est [sic] côtoyé en tant qu’épicier, en tant qu’entrepreneur, mais surtout en tant que personne impliquée socialement... laisser [sic]maintenant les gens de la région vous aidez, [sic]vous accompagner et vous soutenir ... au besoin n’hésitez pas, demander [sic]... vous avec [sic] tous énormément donné... c’est à notre tour de vous dire qu’on vous aime», peut-on aussi lire sur sa page Facebook.

Lundi soir, on a décidé de laisser les portes de l’église ouverte jusqu’à tard en soirée pour ceux qui avaient senti le besoin de se recueillir en lien avec l’épreuve et le drame qui touchait la communauté de La Tuque.

«C’était pour permettre aux gens qui sentaient le besoin d’avoir un moment d’intériorité de pouvoir se retrouver. Il y a des employés du IGA qui sont venus hier après le travail. L’église demeure ouverte sur les heures de bureau pour les gens qui en sentent encore le besoin», a fait savoir le prêtre Marc Lahaie.

De nombreuses personnes ont changé leur photo de profil pour ce cœur afin de démontrer leur soutien à la famille Naud.

Les membres du conseil municipal de la Ville de La Tuque ont observé une minute de silence lors de l’assemblée publique mardi soir. Le maire a indiqué qu’il n’accorderait pas d’entrevue médiatique au sujet de cette tragédie. Les élus ont offert leurs condoléances aux familles éprouvées.

«La communauté est en émoi. On a vécu un drame humain durant les dernières 24 heures qui touche toute la communauté latuquoise. Ce qui est important dans ces moments-là, c’est de se soutenir les uns les autres», a affirmé le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay.