En plus d’être recyclables et biodégradables, les nouvelles montures ne contiennent aucun perturbateur endocrinien ou autre produit cancérigène et sont dessinées au Québec par les opticiens de Doyle.

Doyle lance une gamme de montures de lunettes biodégradables et recyclables

L’entreprise Doyle optométristes et opticiens, qui compte 18 succursales au Québec dont une sur le boulevard Lebourgneuf et une autre à la Cité de l’Optique, vient tout juste de lancer la première gamme de montures de lunettes biodégradables et recyclables au Canada. Faites en bioacétate selon un procédé français, les montures de la collection Atelier78 sont un rêve qu’entretenait le président de la bannière, Patrick Doyle, depuis plusieurs années.

«Nous participons beaucoup aux foires internationales et nous cherchons vraiment à repousser nos limites. On s’est fait présenter un designer français qui manufacturait depuis peu ce type de plastique. Il faisait des essais et m’avait montré des prototypes de la matière. On se demandait si c’était aussi résistant, malléable, mais le produit était déjà certifié ISO!» raconte M. Doyle en entrevue avec Le Soleil.

Le volet recyclable était important pour Patrick Doyle puisque dans la fabrication d’une monture de lunettes, seulement de 20 % à 30 % de la matière est utilisée, le reste représentant des déchets. «Ainsi, nous avons récupéré toutes les retailles de cette collection, les avons classées par couleur dans le but d’éventuellement les utiliser dans d’autres productions», explique-t-il. Par le passé, les retailles étaient jetées ou utilisées seulement dans les modèles noirs. Dans ces montures, les produits du pétrole sont également remplacés par un élément biodégradable, l’acétate de cellulose.

Technologie

Doyle utilise une technologie qui vient de Marseille et fait fabriquer ses montures écoresponsables dans une usine asiatique. «Nous avons inclus cinq modèles biodégradables et recyclables dans notre collection et on prévoit en insérer encore plus. Notre grande limite se situe au niveau des couleurs puisqu’il n’y a pour l’instant que 40 choix de couleurs en bioacétate contre 2000 dans les autres matériaux. L’offre devrait cependant augmenter à mesure que la demande augmente», poursuit Patrick Doyle.

Ces nouvelles montures coûtent aussi 30 % plus cher à fabriquer pour l’entreprise, mais Doyle optométristes et opticiens refuse de refiler la facture au consommateur. «Pour le client, ça ne change rien. Nous absorbons ces frais de façon à pouvoir offrir ces produits au même prix aux clients qui souhaitent s’en procurer», ajoute-t-il.

Marché jeune

Le marché des montures de lunettes écoresponsable serait très jeune, même à l’extérieur du Canada. «Ça existe déjà en Europe, mais c’est extrêmement marginal et ce qui existe déjà n’existe que depuis moins de 12 mois. Aux États-Unis, il y a trois ou quatre mois, une grande designer a annoncé qu’elle voulait se lancer là-dedans, mais c’est tout. Ceci dit, l’intérêt est là tant chez les consommateurs que dans l’industrie.»

En plus d’être recyclables et biodégradables, les nouvelles montures ne contiennent aucun perturbateur endocrinien ou autre produit cancérigène, sont dessinées au Québec par les opticiens de Doyle et sont offertes dans un étui écoresponsable fait à partir de retailles de cuir recyclé.

Présente depuis 40 ans au Québec, Doyle est une entreprise familiale en place depuis 40 ans et dont Patrick Doyle a pris les commandes il y a trois ans, lançant une collection exclusive de montures inspirée par l’histoire et l’héritage des quartiers industriels entourant Saint-Henri, à Montréal, où est née l’entreprise. Elle regroupe aujourd’hui 40 optométristes et 50 opticiens dont 31 sont aussi associés dans l’entreprise.