Camil Renaud, qui vit maintenant à Repentigny, a pris le chemin de la prison, où il passera les deux prochaines années.

Deux ans de prison pour un ex-Raëlien

Camil Renaud a écopé d’une peine de 26 mois de détention pour avoir abusé sexuellement d’une jeune fille alors qu’il faisait partie du Mouvement raëlien, entre 1988 et 1996, à La Baie. L’homme de 66 ans, qui vit maintenant à Repentigny, a pris le chemin de la prison pour 23 mois, puisqu’il a déjà purgé trois mois de façon préventive, à l’automne.

Camil Renaud avait reconnu sa culpabilité en septembre dernier.

Il avait admis avoir posé entre 10 et 15 gestes à caractères sexuels sur la jeune fille, qui n’avait que 11 ans lorsque les premiers actes ont été perpétrés.

Il est question de gestes de masturbation et de frottement des parties génitales, de même que des fellations forcées. L’homme était alors dans une relation de confiance avec la victime.

Les abus avaient commencé lorsque Renaud avait rencontré la jeune fille, dans le contexte de leur appartenance au Mouvement raëlien.

La victime, qui est aujourd’hui âgée de 41 ans, avait témoigné des conséquences du crime lors des plaidoiries sur la peine, en décembre dernier.

Elle s’était adressée au juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec, expliquant comment ces gestes avaient eu des répercussions toute sa vie, dans son intimité, mais également au travail.

Camil Renaud, qui vit maintenant à Repentigny, a pris le chemin de la prison, où il passera les deux prochaines années.

Anxiété, dépression, faible estime d’elle-même, crises de panique, peur, désordre émotif ; la victime avait témoigné que les gestes subis avaient eu des conséquences autant à l’adolescence que durant sa vie d’adulte. Elle a notamment dû arrêter de travailler durant un moment, puisqu’elle n’était plus capable d’exercer sa profession d’infirmière auprès des hommes, en raison des souvenirs qui remontaient à la surface.

C’est en voyant ses enfants grandir qu’elle avait décidé de porter plainte contre Renaud.

Les procureurs de la Couronne et de la défense, Me Jean-Sébastien Lebel et Me Sylvain Morissette, avaient soumis une suggestion commune de deux ans moins un jour de prison, mais le juge Michel Boudreault avait voulu prendre le temps d’y réfléchir, notamment à la suite du témoignage de la victime.

C’est lundi matin que Camil Renaud s’est présenté au Palais de justice de Chicoutimi, afin d’y recevoir sa peine.

Le juge Boudreault a opté pour la suggestion, condamnant l’agresseur à 26 mois de prison (23 si on soustrait le temps préventif). L’homme de 66 ans, qui pourra donc purger sa peine dans une prison provinciale, évite ainsi le pénitencier.

Dans sa décision, le juge Michel Boudreault a noté comme facteur aggravant les conséquences du crime sur la vie de la victime, l’abus de confiance et d’autorité, la répétition des gestes et leur gravité.

Parmi les facteurs atténuants, le juge a noté l’absence d’antécédent judiciaire de l’individu, son plaidoyer de culpabilité et le faible risque de récidive.

En liberté jusqu’ici, Camil Renaud a pris le chemin de la détention à partir de la salle d’audience du palais de justice, lundi matin.