Oleksandr Gvozdyk et Adonis Stevenson ont montré beaucoup de respect, jeudi midi, à Québec, lors de la conférence de presse tenue à 48 heures de leur combat de championnat du monde.

Désamorcer la «bombe» Stevenson [VIDÉO]

Pour l’entraîneur d’Oleksandr Gvozdyk, Adonis Stevenson est «une bombe». «Quand tu as une bombe devant toi, c’est très dangereux. Par contre, si tu sais comment la désamorcer, ça te donne confiance. Ça reste dangereux, ça peut exploser, tu peux te tromper. Mais si tu sais comment faire, tes chances sont bonnes.»

Plein de respect de toutes parts, jeudi midi, lors de la conférence de presse tenue à l’avant-veille du combat de championnat du monde de samedi soir entre Stevenson et Gvozdyk. Une 10e défense de titre pour le Québécois de 41 ans, sa cinquième à Québec.

Entraîneur renommé et analyste à ESPN durant 21 ans, Teddy Atlas sera dans le coin de l’aspirant au titre WBC des poids mi-lourds (175 lb), au Centre Vidéotron. Gvozdyk (15-0, 12 K.-O.) est le premier adversaire invaincu en 11 combats de championnat du monde pour Stevenson (29-1-1, 24 K.-O.).

Celui qui a dirigé le jeune Mike Tyson, Timothy Bradley et Alexander Povetkin, entre autres, estime que Stevenson est le plus puissant cogneur en ce moment dans la boxe, avec Deontay Wilder. «Mais on a un plan. Ça ne garantit rien, mais on comprend ce qu’on a devant nous», indique Atlas.

La manière pour Gvozdyk d’éviter cette puissance de feu? «Ne pas recevoir ses coups. Je vais utiliser ma défensive. Je suis prêt, je vais y arriver. Il est bon, mais maintenant, c’est mon temps», assure l’Ukrainien de 31 ans.

Fort d’un solide curriculum vitæ amateur couronné d’une médaille de bronze olympique en 2012, celui qui a appris aux côtés des Vasyl Lomachenko et Oleksandr Usyk — les deux seront ici samedi pour l’encourager — est aussi l’adversaire de Stevenson comptant le moins d’expérience professionnelle parmi les 11 à avoir voulu la ceinture.

«J’ai 12 rounds et je n’aurai besoin que d’un seul coup de poing. Quand il va faire une erreur, je vais l’attraper», prévient celui qui règne depuis cinq ans et demi.

Souvent cible de critique sur la qualité de ses rivaux, Stevenson souligne que Gvozdyk a été encensé pour sa victoire contre Tommy Karpency en six rounds après être allé au plancher, en 2016, alors que 10 mois plus tôt, Stevenson s’était débarrassé de Karpency en trois rounds.

«Il n’est pas bon contre moi et il est bon contre lui?» se questionne-t-il, ajoutant que Gvozdyk a visité le tapis sur «le coup le plus faible» de Karpency. «Il se fait toucher beaucoup, mais il ne pourra pas prendre autant de coups contre moi», dit Stevenson, prévoyant le moment de sa victoire par knock-out selon l’enthousiasme de la foule.

«Si ça crie mon nom vraiment fort, “Superman! Superman! ”, ça risque de finir avant», prédit celui qui était accompagné jeudi de sa suite habituelle, dont sa conjointe, la designer de mode de fourrure Simone God, et leur fille née le 6 novembre, Adonia.

Adonis Stevenson et sa famille, lors de la conférence de presse tenue à Québec, jeudi

Vieille voiture dans le garage

Les deux boxeurs ont 10 ans de différence. Les deux clans s’entendent toutefois sur le fait que l’âge n’est qu’un nombre, cela dépend du corps de chacun et de la façon d’en prendre soin.

«Son âge n’est pas un facteur. Disons qu’il a moins de kilométrage à l’odomètre. Il est comme une vieille voiture qu’on a gardée dans le garage et qui a fait quelques courtes balades. Avec sa puissance, il n’a pas souvent besoin d’aller très loin. Il ne va pas rouler dans les montagnes ou faire de longues virées sur l’autoroute», illustre Atlas.

L’entraîneur de Stevenson, Sugar Hill, parle pour sa part d’«un jeune 41 ans». «Jean Pascal a 36, mais il m’a semblé plus vieux que ça contre Bivol [samedi dernier]. J’en ai parlé à Adonis et je lui ai dit que Pascal est un vieux 36, tandis que lui est un jeune 41. Je n’aimais pas Bernard Hopkins comme boxeur jusqu’à ce qu’il vieillisse et utilise des techniques qu’il n’utilisait pas plus jeune.»

Si Stevenson a laissé planer un doute avec sa nulle de mai dernier contre Badou Jack, Gvozdyk ne se vante pas trop non plus de sa dernière sortie remportée par décision aux dépens de l’obscur Français Mehdi Amar, en mars.

La pesée de vendredi midi au Centre Vidéotron est ouverte au public.