Les plants atteignent maintenant 120 centimètres (quatre pieds). 
Les plants atteignent maintenant 120 centimètres (quatre pieds). 

Des semences inconnues plantées au Lac-Saint-Jean

Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
Une femme de Dolbeau-Mistassini, au Lac-Saint-Jean, a planté, en début d’été, des semences reçues par la poste. Elle se retrouve avec des plants de variété inconnue de plus de 120 centimètres dans sa cours arrière (quatre pieds). Mais depuis quelques semaines, l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) met en garde les Canadiens contre l’envoi d’emballages de semences non sollicités qui est maintenant observé aux quatre coins de l’Amérique du Nord.

Le stratagème, qui s’apparente au «brushing scam», permet de mousser les ventes de commerçants en ligne. Après avoir envoyé des colis non sollicités un peu partout sur la planète, les personnes malintentionnées rédigent des évaluations positives des transactions en ligne. Les faux commentaires positifs améliorent l’évaluation des produits et des vendeurs, ce qui a une incidence sur leur volume de ventes. La pratique ouvre également la porte à de potentielles fraudes de données personnelles.

Annie-Claude Dumais a reçu, au début de l’été, un colis matelassé contenant à l’intérieur un sachet de semences. La femme de Dolbeau-Mistassini n’a pas souvenir de la provenance de celui-ci ni de la compagnie qui l’a envoyé. 

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«J’ai commandé des grains de cactus. Je les ai reçus et j’ai reçu un autre paquet par la suite. J’ai pris en compte que c’était la même commande. J’ai tout planté dans un pot», raconte l’animatrice radio qui a abordé son histoire en ondes. 

Les graines plantées il y a quelques semaines atteignent maintenant près de quatre pieds de hauteur.

Mme Dumais a fait un appel à tous via les réseaux sociaux après avoir lu un article concernant cette possible fraude et les risques entourant la plantation de graines d’origine inconnue. Elle espérait, par la même occasion, obtenir une identification de la variété de la plante en plus de valider si d’autres Jeannois avaient reçu le même genre de colis.

Celle qui espérait sensibiliser les gens à la situation qui se répand à travers le pays s’est plutôt retrouvée sous une avalanche de commentaires, dont plusieurs négatifs.

«On m’a dit que je détruisais la flore, que ce n’était pas bon pour la planète. On m’a aussi écrit que ça ne se faisait pas de planter des graines que je ne connaissais pas», témoigne-t-elle. 

Une enquête en cours

L’Agence canadienne d’inspection des aliments confirme mener une enquête quant aux emballages de semences non sollicités. Elle invite les Canadiens qui ont reçu des colis du genre à communiquer avec un bureau d’enquête régional de l’agence. 

Les personnes qui ont reçu un tel colis doivent, dans la mesure du possible, conserver le maximum d’informations, soit les semences, l’emballage et l’enveloppe contenant le tout.

L’ACIA rappelle aux citoyens canadiens de ne pas planter de semences d’origine inconnue. «Les semences non autorisées pourraient être des semences de plantes envahissantes ou être porteuses de phytoravageurs, qui peuvent être nuisibles lorsqu’ils sont introduits au Canada. Ces espèces peuvent envahir les zones agricoles et naturelles, causant ainsi de graves dommages à nos ressources végétales», lit-on dans une déclaration de l’Agence datée du 28 juillet. 

Puisque les colis envoyés présentent le nom et l’adresse de citoyens, certains experts recommandent aux personnes qui ont reçu ces envois non sollicités de modifier leurs mots de passe rattachés aux transactions effectuées via Internet.