L'érection de barricades près du Manoir Richelieu était déjà commencée en mars.

Des organismes de défense des droits inquiets de l'ampleur de la sécurité au G7

MONTRÉAL - Les organisations de défense de libertés civiles sont très inquiètes face aux préparatifs de sécurité entourant la rencontre du G7 en juin à La Malbaie.

Amnistie internationale et la Ligue des droits et libertés ont obtenu les accréditations nécessaires pour y déléguer une trentaine d’observateurs qui documenteront la manière dont les policiers encadrent les manifestations prévues.

Les deux organisations notent que les mesures prévues pour le sommet de juin s’apparentent à celles prises lors du Sommet des Amériques à Québec en 2001, du Sommet de Montebello en 2007 et du Sommet du G20 à Toronto.

Les opérations policières lors de ces événements ont donné lieu à des abus des forces policières qui ont été largement documentés, notamment des arrestations massives injustifiées, l’utilisation excessive de grenades lacrymogènes et de balles de plastique et des détentions arbitraires dans des conditions qui ont été dénoncées, notamment par le Comité des Nations unies contre la torture et le Comité des droits de l’homme de l’ONU.

Les organismes estiment qu’il est impératif de rétablir l’équilibre entre le droit de manifester pacifiquement et de protéger la liberté d’expression et la nécessité d’assurer la sécurité des lieux.

Bien qu’ils reconnaissent que des casseurs se retrouvent fréquemment dans ces manifestations, ils déplorent que les forces policières se servent de leur présence pour justifier des arrestations massives et empêcher les manifestants légitimes de s’exprimer.

Or, les autorités ont déjà prévu d’installer un centre de détention à Clermont à quelques kilomètres au nord de La Malbaie; les zones de sécurité entourant le Manoir Richelieu - où se tiendra le sommet - sont très vastes et l’espace prévu pour manifester à La Malbaie extrêmement restreint et ne comporte qu’une issue.

À Québec, où plusieurs organisations de la société civile prévoient manifester, des aménagements ont déjà été prévus pour accueillir un afflux de détenus à la prison d’Orsainville, où de nombreuses violations des droits de la personne avaient été dénombrées à la suite du Sommet des Amériques de 2001.

Amnistie internationale et la Ligue des droits et libertés accueillent avec satisfaction la décision du ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, de les accréditer pour leur permettre l’envoi de la mission d’observation. Ils lui demandent, ainsi qu’à son vis-à-vis fédéral Ralph Goodale, d’affirmer publiquement que la liberté d’expression est une priorité au même titre que la sécurité.


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