Le président du conseil municipal de Gatineau, Daniel Champagne, entouré de ses homologues de quelques autres villes québécoises.

Des élus d’ailleurs sont impressionnés par la transparence de Gatineau

Ils sont venus de Montréal, Laval, Trois-Rivières, Longueuil, Terrebonne, Saguenay, Brossard et Saint-Jean-sur-Richelieu. Ils assument tous la présidence de leur conseil municipal respectif. À l’invitation de Daniel Champagne, président du conseil municipal de Gatineau, ils discuteront, pendant deux jours, des enjeux propres à leur position. Il s’agit d’une première au Québec.

Ces élus des grandes villes du Québec sont venus échanger sur leur rôle, le décorum au conseil, la politisation des enjeux et des élus, les partis politiques, l’inclusion et la diversité et les changements en matière de gouvernance municipale. Ils doivent aussi aborder la délicate question de l’utilisation des huis clos. C’est d’ailleurs ce dernier point qui a retenu l’attention des médias lors de la conférence de presse organisée en marge de l’événement, jeudi midi. 

La question des huis clos refait régulièrement surface à Gatineau, tant autour de la table du conseil que dans les médias. 

Cela ne semble pas être le cas dans les autres villes du Québec qui participent à ce premier Rendez-vous des présidents. Même pas à Saint-Jean-sur-Richelieu où pratiquement aucune réunion ne se déroule en public à l’exception de celle du conseil municipal. 


« L’exercice du pouvoir, ce n’est pas de la télé-réalité. Ça doit se faire dans un cadre ouvert à la discussion, le plus transparent possible, mais il faut éviter d’aller à l’extrême ou chaque discussion peut devenir un élément de diffusion publique. »
Marc-André Plante, maire de Terrebonne

« Je suis assez impressionné ici, je ne sais pas si vous réalisez, mais je pense que Gatineau est précurseur au Québec avec des pléniers, des exécutifs, et la préparation du budget en public », a noté le maire de l’endroit, Alain Laplante.

La présidente du conseil municipal de la Ville de Laval, Christiane Yoakim, mentionne pour sa part que l’utilisation des huis clos dans sa ville ne provoque aucune friction. 

« Les citoyens et les élus comprennent qu’il y a des discussions qui doivent être faites avec les fonctionnaires à huis clos, sur des dossiers plus sensibles, dit-elle. Il y a des discussions plus faciles à avoir à huis clos et ça ne provoque pas d’anicroche chez nous. »

Le maire et président du conseil de Terrebonne, Marc-André Plante, a même repris une formule chère au maire de Gatineau. 

« L’exercice du pouvoir, ce n’est pas de la télé-réalité, a-t-il lancé. Ça doit se faire dans un cadre ouvert à la discussion, le plus transparent possible, mais il faut éviter d’aller à l’extrême ou chaque discussion peut devenir un élément de diffusion publique. Les huis clos ne représentent pas un enjeu à Terrebonne et quand je discute avec mes homologues des autres villes, c’est n’est pas un sujet qui revient. »

À Saguenay, le changement a été radical depuis le départ de l’ancien maire Jean Tremblay. La nouvelle mairesse, Josée Néron, qui siégeait dans l’opposition lors du dernier mandat, a expliqué qu’il y a eu une énorme évolution au niveau de la transparence depuis son arrivée à la mairie. 

« Quand j’étais dans l’opposition, dans l’ancien mandat, il n’y avait aucun plénier, ni même de réunion à huis clos pour donner des orientations à l’administration, raconte-t-elle. Le seul moment où on se rencontrait, c’était en public lors du conseil municipal et ça durait cinq minutes. Nous avons depuis réintégré les pléniers, les réunions des commissions. Le conseil est de nouveau webdiffusé. Il demeure que les huis clos sont nécessaires pour permettre à tous de s’exprimer et émettre un argumentaire sans que ce soit pris hors contexte ou que ça provoque une panique dans la population. Il faut bien préparer les choses pour bien livrer l’information à la population. »