Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair, a demandé au Service correctionnel et à la Commission des libérations conditionnelles d’envisager la libération anticipée de certains détenus afin de limiter la propagation de la COVID-19 dans les pénitenciers.
Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair, a demandé au Service correctionnel et à la Commission des libérations conditionnelles d’envisager la libération anticipée de certains détenus afin de limiter la propagation de la COVID-19 dans les pénitenciers.

Des détenus pourraient jouir d’une libération anticipée, suggère le ministre Blair

OTTAWA - Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair, a demandé au Service correctionnel et à la Commission des libérations conditionnelles d’envisager la libération anticipée de certains détenus afin de limiter la propagation de la COVID-19 dans les pénitenciers.

Le gouvernement s’est engagé à protéger les détenus, le personnel correctionnel et la population, compte tenu des risques particuliers que pose le coronavirus pour les pénitenciers, a expliqué dans un communiqué Mary-Liz Power, porte-parole du ministre.

«Le ministre Blair a demandé à la commissaire du Service correctionnel du Canada et à la présidente de la Commission des libérations conditionnelles de déterminer si des mesures pourraient être prises afin de faciliter la libération anticipée de certains délinquants.»

Ni le Service correctionnel ni la Commission des libérations conditionnelles n’ont commenté mardi la requête du ministre Blair.

La semaine dernière, le premier ministre Justin Trudeau reconnaissait que les détenus étaient davantage à risque de contracter le SARS-CoV-2 et de le transmettre au reste de la population carcérale.

On apprenait lundi que deux détenus au pénitencier à sécurité maximale de Port-Cartier, sur la Côte-Nord, avaient été infectés par le coronavirus. Il s’agit des premiers cas confirmés de contamination de détenus dans un établissement carcéral fédéral. Les deux patients détenus se trouvent isolés du reste de la population carcérale et un isolement cellulaire a été imposé dans tout le pénitencier. De plus, Service correctionnel a indiqué que neuf employés du pénitencier de Port-Cartier avaient déjà reçu des résultats positifs auparavant.

Le syndicat est contre

Le Syndicat des agents correctionnels du Canada, qui représente les employés des 49 établissements fédéraux, affirmait lundi que «la libération de quelques individus ne résoudra pas la propagation potentielle de la COVID-19 dans nos établissements. Elle ne fera qu’augmenter le risque pour les Canadiennes et les Canadiens».

«Nous n’avons qu’à nous rappeler la récente tragédie vécue en janvier dernier au Québec où un détenu en semi-liberté a assassiné une citoyenne. Même les détenu-es en liberté sous condition peuvent constituer une menace pour la société», soutient le syndicat.

«Le Canada est en crise et ses citoyens font déjà face à une menace potentiellement mortelle. Il est irresponsable d’introduire de nouvelles menaces dans nos collectivités (...) L’accent doit être mis sur la modification des routines dans nos établissements dans le but de respecter la distanciation sociale imposée et les directives d’auto-isolement», croit le syndicat.

Le Service correctionnel du Canada a déjà suspendu les visites du public aux détenus dans tous les établissements.