À bord d'un bateau pneumatique, des pompiers de Lévis ont évacué des sinistrés, lundi matin.

Des citoyens de Lévis surpris par la crue printanière

Michel Roy ne pouvait plus aller promener son chien Marley, lundi matin. Sa maison était entourée d’eau.

La rivière Beaurivage, qui passe normalement derrière son bungalow du quartier Saint-Étienne-de-Lauzon, à Lévis, avait débordé quelques heures plus tôt. Elle avait inondé le vide sanitaire de son sous-sol et menaçait de monter au premier plancher. 

«On est pris un peu, là», dit M. Roy. Sur le terrain, «on a de l’eau quasiment jusqu’en dessous des bras».

La blonde de Michel Roy, qui s’inquiétait pour son chum et son chien, a demandé aux pompiers de lui porter secours. À bord d’un bateau pneumatique, ils les ont ramenés à la terre ferme. «Les gars, ils ont bien travaillé», dit M. Roy. 

Les pompiers ont aussi secouru d’autres résidents ou se sont heurtés à des refus. «Je suis correcte!» leur a crié une femme du balcon de sa maison à deux étages, elle aussi encerclée par les flots.

En tout, 36 résidences de Saint-Étienne-de-Lauzon ont été évacuées. Dans le secteur inondé, qui comprend notamment les rues Oscar-Carrier, Marcel-Roussel et de la Boucle, la rivière Beaurivage avait l’air d’un lac. Les maisons, les chalets, les garages, les cabanons et les véhicules étaient tous en partie submergés.

Dans le secteur inondé, qui comprend notamment les rues Oscar-Carrier, Marcel-Roussel et de la Boucle, la rivière Beaurivage avait l’air d’un lac.

Centre d’accueil

De nombreux évacués ont été hébergés par leur famille ou des amis. Onze évacués se sont présentés au centre d’accueil aux sinistrés, à la salle Étienne-Baillargeon, située au 4119, route des Rivières, dans le secteur Saint-Étienne-de-Lauzon. Ils ont été pris en charge par la Croix-Rouge.

Plusieurs des propriétés touchées sont des maisons surélevées et ont subi des dommages seulement au sous-sol. Alain Vallières, lui, n’a pas pu voir encore les dégâts à son chalet, mais pense que l’eau s’est rendue au rez-de-chaussée.

«Ça va monter au plancher, je suis sûr. Il y a de l’eau sur la galerie. Si elle monte encore, ça va être pire», dit-il, en regardant de loin sa deuxième maison, où il passe ses étés. 

Alain Vallières garde de mauvais souvenirs de l’inondation de 2014. Il espère que les dégâts seront moins graves cette fois-ci.

L’inondation de lundi lui rappelle de mauvais souvenirs. En 2014, il avait aussi été inondé par la Beaurivage. «J’ai ouvert tous les murs, démanché des planchers. J’ai tout rebâti ça. J’ai mis 300 heures là-dedans.» Son chalet, dit-il, n’est pas assurable.

Chaque printemps, les riverains de la rivière Beaurivage à Saint-Étienne-de-Lauzon craignent les inondations, fréquentes dans le secteur avec la crue des eaux.

Mais le débordement de cette année est «incroyable», a indiqué le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, qui est allé à la rencontre des sinistrés lundi. 

«C’est probablement du jamais-vu d’avoir le niveau de la rivière qui monte à ce point-là», a dit Gilles Lehouillier, précisant que la rivière Beaurivage s’élevait à deux mètres de plus qu’en temps normal. 

Au total, 36 résidences de Saint-Étienne-de-Lauzon ont été évacuées.

Pluie abondante

La pluie abondante tombée sur Lévis dans la nuit de dimanche à lundi, qui s’est poursuivi une partie de la journée lundi, a fait augmenter le niveau de la rivière Beaurivage et a provoqué le débordement, a indiqué le directeur du Service de la sécurité incendie de la Ville de Lévis et coordonnateur aux mesures d’urgence, Gaétan Drouin.

«On parle effectivement d’un sommet historique», a dit M. Drouin. À «l’eau claire» — sans couvert de glace —, la Beaurivage n’était pas sortie de son lit avec une telle ampleur depuis août 2011, alors que la queue de l’ouragan Irène avait aussi causé un important débordement. 

La surveillance de la rivière Beaurivage se poursuit mardi et dans les jours suivants. En plus des risques d’averses à venir cette semaine, «il reste un flot d’eau à recevoir» venant du bassin versant de la rivière Chaudière, indique Gaétan Drouin.