Claude Lessard

Delastek: «On va réapprendre à travailler ensemble»

SHAWINIGAN — «Après quasiment trois ans, il était temps que ça se finisse. On va réapprendre à travailler ensemble et construire des relations de travail harmonieuses». Voilà comment le président de Delastek, Claude Lessard, a réagi lundi au retour au travail d’une partie des grévistes, ce qui vient marquer la fin du plus long conflit en cours au Québec.

On sait que vendredi dernier, le protocole de retour au travail fut accepté à 88 % par les syndiqués. Alors que la première vague d’employés attendue était de dix, seulement sept se sont présentés à l’usine de Shawinigan. Neuf autres travailleurs devraient revenir au boulot à compter du 26 mars et le reste, le 16 avril.

Les grévistes seront soumis à une période de formation et mise à niveau et ce, dès les premiers jours. «Tout le monde avait été rencontré. On est en train de les former sur les façons de faire qu’on a adoptées depuis trois ans. Le Delastek d’avant le grève n’existe plus, nos procédés ont changé en plus de toutes les optimisations que mes cadres et personnel non syndiqué ont implanté. Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, j’espère que nos syndiqués sauront relever les défis qui les attendent. Nous saurons bien les accompagner», a-t-il ajouté.

Selon lui, la première journée s’est déroulée de façon harmonieuse. «À un moment donné, il fallait que ça ait une fin. Comme je l’avais dit même avant les jugements, et je ne peux pas dire que je suis d’accord avec les jugements, mais comme j’avais dit depuis le début, quand on aura les jugements, je m’engage à les respecter et on va de l’avant. Je pense que c’est ça qu’il faut faire. On va mettre ça en arrière de nous autres, on va faire grandir l’entreprise. On va mettre l’énergie ailleurs», a-t-il confié en entrevue au Nouvelliste.

Tout au long de la grève, une équipe d’une soixantaine de personnes ont assuré la poursuite des opérations et des activités de recherche et développement chez Delastek. «C’est certain que je souhaite remercier mes cadres sur la production, mes ingénieurs et techniciens sur la recherche et développement, mon personnel au contrôle de la qualité, nos employés au service à la clientèle ainsi que tout le personnel de bureau qui ont maintenu le fort dans des temps qui n’étaient pas toujours faciles. Nous avons pu compter sur des employés dévoués et dynamiques», renchérit le dirigeant.

L’entreprise qui détient également une usine au Mexique et aux États-Unis et un bureau de ventes en Chine prévoit poursuivre son expansion à l’international. «On a trois nouveaux clients qui se sont pointés dans les trois dernières semaines parce qu’on est au Mexique», a fait remarquer M. Lessard.

En ce jour 1 du retour au travail d’une partie du personnel syndiqué, «c’est business as usual». «Je n’ai rien enfreint selon moi. On continue à travailler. Il y a des pièces malheureusement que mes cadres ne pouvaient pas faire, que j’ai donné en sous-traitance et qui ne reviendront pas. On a réussi à maintenir à flot. Je ne peux pas dire que je n’ai pas perdu certains contrats. Il y a certaines choses qu’on a dû laisser aller faute de main-d’oeuvre. Les clients, avant de nous donner de la nouvelle business, c’est toujours une question qu’il faut régler le conflit. On va essayer de regarder plus en avant qu’en arrière et on va bâtir à partir de là», a affirmé le grand patron de Delastek.

Au final, dit-il, «c’est la satisfaction de nos clients qui garantit nos emplois». 

«Le marché mondial fait en sorte qu’on doit réduire nos coûts et nous poursuivrons sur cette lancée. Il faut toujours avoir dans l’esprit, et ABI l’a même dit vendredi passé, que la business a changé, il faut être compétitif. Il faut travailler ensemble, employeur et partie syndicale. Ça va être la seule façon qu’on va arriver à quelque chose», a conclu Claude Lessard.

Pour sa part, le président de la section locale 1209 du syndicat, Alexandre Maranger, soutient que la première journée s’est bien déroulée. «Le retour s’est bien déroulé. Les gens sont contents de retourner au travail. Nous espérons que ça va continuer de bien aller entre le syndicat et l’employeur. Il va falloir s’assurer d’avoir des bonnes relations de travail dans le futur», explique-t-il