La ministre de la Santé Danielle McCann

Découverture médicale: des pénalités qui ne s’appliquent pas

Même si certaines régions du Québec ont connu des ruptures de services au cours des derniers mois, aucune pénalité n’était applicable aux médecins en vertu des ententes actuelles, indique la ministre de la Santé Danielle McCann.

«À La Pocatière, il n’y a pas eu de découverture (en anesthésiologie). À Dolbeau-Mistassini, il n’y avait pas de chirurgien pour quelques jours, donc les anesthésiologistes ne pouvaient pas travailler. Donc, il y avait pas lieu d’appliquer de pénalité dans aucune situation», explique Mme McCann.

La ministre réagissait à l’article du Soleil publié mercredi indiquant que le gouvernement n’avait exigé aucune pénalité des médecins spécialistes au cours des derniers mois. Une situation dénoncée par André Fortin, du Parti libéral du Québec. 

Pour la ministre, la situation s’explique parce que les anesthésiologistes, - la seule spécialité à qui le gouvernement peut exiger des pénalités à l’heure actuelle -, a fait son travail. «Nous avons des résultats très intéressants au niveau de la couverture des services en région et nous entendons continuer dans ce sens-là», indique Mme McCann. 

Parfois, les ruptures de service ont été causées par un manque de chirurgiens ou d’obstétriciens. Le gouvernement caquiste n'a pas encore signé d’entente avec ces groupes de médecins, si bien qu’il ne peut exiger d’eux des pénalités. 

Dans le cas des ruptures de service en obstétrique survenues à La Sarre et à La Malbaie, elles ont été causées par un manque d’infirmières, précise la Fédération des médecins spécialistes du Québec. 

«On a rempli l’entente contractuelle à la lettre», plaide Jean-Francois Courval, président de l’Association des anesthésiologistes du Québec. Il ajoute que «le seul endroit où il y a eu des découvertures, c’est à Dolbeau». «Nous, on était disponibles, on aurait pu couvrir. Mais c’est le ministère de la Santé qui a décidé de ne pas déployer la couverture», explique-t-il. Une décision prise en raison d’un manque de chirurgiens survenu au même moment. 

M. Courval est d’avis que même si l’entente a été respectée jusqu’à maintenant, des problèmes pourraient survenir de nouveau en région, en raison de la pénurie d’anesthésiologistes. 

«Il nous manque 50 anesthésiologistes au Québec en ce moment. Les universités ont la possibilité d’en former 38 par année, mais malheureusement, on n’ouvre pas tous les postes. Alors on n’arrive plus à combler les retraites», indique M. Courval.