Bien des intervenants ont étouffé des sanglots en racontant à <em>La Tribune</em> leurs souvenirs avec Serge Dubois. Visiblement, l’homme était très apprécié dans la région de Windsor.
Bien des intervenants ont étouffé des sanglots en racontant à <em>La Tribune</em> leurs souvenirs avec Serge Dubois. Visiblement, l’homme était très apprécié dans la région de Windsor.

Décès de Serge Dubois: lourde perte à Windsor

Joueur redoutable, bénévole travaillant et surtout excellent ami : tous ont de bons mots à propos de Serge Dubois, surnommé amicalement Zoune, qui a tragiquement perdu la vie lundi matin.

Daniel Langlois perd deux amis dans ce drame, qui a également coûté la vie à Daniel « Danny » Royal, le beau-frère de M. Dubois. 

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Émotif, celui qui a évolué avec les Black Hawks de Sorel Tracy dans la LHJMQ ne tarit pas d’éloges envers Serge Dubois, qu’il a rencontré alors qu’il n’avait qu’une dizaine d’années. « J’ai joué avec lui à partir des Mosquitos. On a joué ensemble jusqu’à l’âge midget. On a joué au baseball ensemble et après on a eu des équipes de balle lente. Il ne jouait pas pour le fun. Il fallait que ça y aille. Il n’y avait pas de place pour les demi-mesures, il n’aimait pas la défaite », dit celui qui voyait son ami régulièrement, même s’il est parti de Windsor il y a 33 ans. 

« Danny Royal aussi est l’un de mes chums. Je trouve ça très triste. On ne comprend rien. [...] On est un groupe tissé serré à Windsor. Je suis descendu en Estrie hier et personne ne comprend rien », exprime-t-il, qualifiant son groupe d’amis de « famille ».

Ce clan tissé serré avait même déjà possédé une entreprise. « On gérait le bar le 55. Danny, Serge et moi étions ensemble. On était 12 là-dedans. On se prenait pour des hommes d’affaires! » se rappelle-t-il, le sourire dans la voix, ajoutant que l’aventure a « duré une couple d’années ». 

Un joueur de hockey hors pair

« C’était l’un des patineurs les plus rapides dans notre temps. On essayait toujours de le battre, mais ça n’arrivait pas souvent. Du cœur, il en avait plus que moi. Il a joué pour Chicoutimi, moi pour Sorel. Lui, ç’a duré plus longtemps, même s’il avait un peu moins de talent. Mais il avait pas mal plus de cœur », raconte-t-il, tout en se rappelant nombre de moments passés en sa compagnie.

Pour Sébastien Letarte, Serge Dubois était une idole de jeunesse. « C’est un gars qui était intense. Quand il jouait, il n’avait pas d’amis sur la glace. J’ai toujours aimé les gars comme ça. J’avais 18 ans, aujourd’hui, j’en ai 48. On a continué à se côtoyer sur les terrains de golf. Ensuite, il m’a coaché trois ans [avec les Papetiers] », exprime-t-il, rappelant lui aussi l’excellent coup de patin de son ancien entraîneur. 

« Il était très près de ses joueurs, continue-t-il très émotif. C’était un coach honnête. Si tu lui en donnais, il faisait de même. Il donnait des mandats à ses joueurs. J’ai adoré jouer pour lui. On avait une belle complicité. À un moment donné, c’était plus qu’un coach, c’était un chum », décrit M. Letarte. 

« C’est tout un choc, c’est comme une mort gratuite », rajoute-t-il, décrivant son ami comme « un gars de cœur ».

Claude Larose a de son côté évolué une saison sous les ordres de M. Dubois. « Ce que je connais de lui, c’est que c’est vraiment un gentleman. Il était super fin. Il aimait la victoire. Techniquement, au hockey, il était à sa place comme coach. Il était aimé de tous les joueurs », se rappelle celui qui a joué 25 matchs dans la Ligue nationale de hockey. 

Coupe Stanley

Pour l’ancien maire de Windsor Malcom Wheeler, pas difficile de trouver une anecdote à raconter en pensant à Serge Dubois. « On était un fournisseur de Domtar, raconte l’ancien maire. On avait des billets de hockey. Je l’avais invité à la dernière partie de 1993. Ç’a très bien été, d’ailleurs, le Canadien avait gagné la coupe Stanley. Après la partie, on avait été invités à la loge de Ronald Corey. Toutes les fois qu’on se rencontrait, on parlait de notre fameux souvenir de la coupe. »

« J’ai eu l’occasion de le rencontrer au restaurant mercredi soir, dit-il, étouffant un sanglot. Il est venu me saluer. Il était avec son épouse. On s’est taquinés sur la fameuse coupe Stanley. On se demandait si on allait encore attendre 27 ans pour aller voir une partie de hockey ensemble. [...] Il va nous manquer énormément. »

« Aller à une partie de hockey avec Serge, c’était tout un événement. Il connaissait les jeux et les joueurs. C’était comme d’avoir un commentateur professionnel à nos côtés. »

Bénévole aguerri

Coordonnatrice générale du Parc historique de la Poudrière de Windsor, Yannik Scrosati se rappelle de Serge Dubois comme étant un grand bénévole. « Il donnait sans compter. À partir de janvier cette année, on lui a demandé de quantifier les heures de bénévolat qu’il faisait avec une dizaine de retraités. C’était entre 43 et 90 heures par semaine qu’ils ont exécutées dans nos 25 kilomètres de sentier », mentionne-t-elle, ajoutant que son équipe et lui débroussaillaient, nettoyaient, entretenaient et nivelaient les sentiers. 

« C’est un très gros morceau qui part au niveau de l’aspect plein air du parc », commente celle qui est en poste depuis un an, ajoutant que M. Dubois était au conseil d’administration du parc historique depuis quelques années.

Un hommage lui sera rendu « plus tard » à La Poudrière. « Il ne part pas dans l’oubli », assure Mme Scrosati.

« Il s’impliquait dans à peu près tout. J’ai eu l’occasion de travailler avec Serge quand j’étais à la mairie. Il s’occupait surtout des sports, surtout du hockey », mentionne quant à lui Malcom Wheeler. 

Réseaux sociaux

Sur les réseaux sociaux, nombreuses sont les personnes à avoir rendu hommage au sportif bénévole dans les commentaires du journaliste André Rousseau. Les mots revenant le plus souvent pour le décrire? Gentleman et fier compétiteur.

« Je suis complètement sous le choc... un homme pour qui j’ai énormément de respect et que j’ai adoré côtoyer durant mes années au hockey, a écrit l’ancien capitaine des Papetiers, Fabien Perras. Mes sympathies à la famille et aux enfants tout spécialement. »

« Aujourd’hui j’ai de la peine. Pourquoi, pourquoi? Question probablement sans réponse. Je perds un chum, un compagnon de travail durant plusieurs années. Qui ne connaissait pas Zoune? Un gars qui ne faisait que le bien [...] », a pour sa part commenté Richard Normandin. 

« Je suis sans mots et tellement triste! a indiqué pour sa part le joueur de hockey windsorois Marc Fortier. Serge, une de mes idoles de jeunesse et qui m’a inspiré dans ma carrière... sympathies aux familles touchées! La communauté de Windsor perd un ambassadeur, un bon citoyen et un ami de tous! RIP Zoune. »