La MRC de Mékinac a profité du lancement de son nouveau site web pour faire le point sur la cyberattaque dont elle a été victime. Sur la photo: Bernard Thompson, préfet, Claude Beaulieu, directeur général, Julie Robillard, coordonnatrice aux projets spéciaux et Alexis Rheault, responsable de la culture et des loisirs.

Cyberattaque contre la MRC de Mékinac: une rançon de 30 000 $ payée

SAINT-TITE — La MRC de Mékinac a finalement retrouvé le contrôle de son système informatique. Elle a cependant dû verser environ 30 000 $ au pirate à l’origine de la cyberattaque dont elle a été victime en septembre dernier.

L’organisation a profité du lancement de son nouveau site web, mardi avant-midi, pour faire le point sur cette mésaventure qui a passablement perturbé ses activités au cours des dernières semaines. Son directeur général, Claude Beaulieu, a tenu à se faire rassurant et a garanti qu’aucune donnée ou information n’avait été volée par le pirate, dont l’identité et l’origine sont toujours inconnues. Il précise que la demande de l’auteur du cryptage, qui a rendu inaccessible le contenu des serveurs de la MRC et auxquels sont reliés ceux de plusieurs municipalités en faisant partie, était initialement de huit bitcoins, ce qui représente environ 80 000 dollars canadiens.

«La négociation s’est faite par l’entremise de nos firmes informatiques. [Nous ne voulions pas payer au début car] on pensait pouvoir récupérer une bonne partie des données, mais on s’est rendu compte que celles qui nous manquaient, ça aurait coûté plus cher de travailler pour les ravoir et pris plus de temps. Dans certains dossiers, ça aurait pu prendre presque un an. Quand on pèse le pour et le contre, ça aurait coûté donc plus cher que 30 000 $, d’autant plus que des dossiers n’auraient pas pu continuer à cheminer», explique le directeur général.

Concernant la garantie que le contenu des serveurs n’a pas été volé, M. Beaulieu précise que le pirate a tout simplement réussi à en bloquer l’accès grâce à un stratagème dont il est le seul à en connaître la recette.

«Il a mis un cadenas sur nos données et il n’en veut pas! Si nous n’avions pas payé, elles seraient encore là, cryptées dans nos serveurs», précise-t-il.

En ce qui concerne le moyen employé par le pirate pour réussir son coup, il semble que la plus plausible est celle à l’effet qu’un courriel envoyé par le pirate aurait été ouvert sur l’un des nombreux ordinateurs reliés au réseau de la MRC, ce qui aurait permis de déployer le processus de cryptage. Le directeur général n’est cependant pas en mesure de le confirmer.

Par ailleurs, la facture totale découlant de cette cyberattaque avoisine les 100 000 $. En plus de la rançon, ce montant comprend l’achat de nouveaux serveurs ainsi que la mise en place d’un système de sécurité informatique dernier cri. En se dotant de ce nouveau matériel, la MRC espère amoindrir le plus possible les chances de se retrouver dans une situation semblable dans le futur.

«On peut mettre des centaines de milliers de dollars en sécurité. On y est donc allé à notre échelle. Nous avons mis environ 50 000 $ juste pour la sécurité pour les cinq prochaines années. [...] Même le FBI se fait ‘‘hacker’’. Toutes les organisations mondiales se font ‘‘hacker’’. Mais nous croyons être protégés le mieux possible. On a trouvé les meilleurs moyens actuellement. Mais ce sont des spécialistes», reconnaît M. Beaulieu.

Un nouveau site web

En chantier bien avant que la cyberattaque de septembre dernier ne paralyse les serveurs, la MRC de Mékinac compte maintenant sur un nouveau site web (www.mrcmekinac.com). Beaucoup plus actuel que l’ancien, qui datait du début des années 2000, il contient une multitude d’informations pour les citoyens des différentes municipalités, les personnes désirant le devenir, les entrepreneurs ainsi que les élus. On y retrouve notamment des informations concernant les différents fonds et subventions, la cour municipale, le service d’évaluation ainsi que les membres de l’équipe de travail. Il comprend également des statistiques et des spécifications sur la MRC, un bottin des récupérateurs afin d’orienter les gens vers la réutilisation de plusieurs articles, et des liens directs vers le site de Tourisme Mékinac et ceux de plusieurs partenaires. La section culturelle contient quant à elle un calendrier des événements, un répertoire et des clins d’œil aux saveurs de Mékinac. Sur la page d’accueil, une section Saviez-vous que... permet aux visiteurs d’apprendre des faits intéressants à propos de la MRC. Il a été créé par Ôze Publicité, une firme de Lac-aux-Sables.

«Sur la page d’accueil, on y va vraiment avec ce qui fait les forces de Mékinac. Si elles changent, on pourra en ajouter. C’est un site évolutif», mentionne Julie Robillard, coordonnatrice aux projets spéciaux.

Pour sa part, le préfet de la MRC, Bernard Thompson, souligne que le travail effectué par les membres de l’équipe de la MRC afin de mener à bien le projet de nouveau site malgré les embûches qu’ils ont rencontrées en raison de la cyberattaque constitue un bel exemple de leur professionnalisme et de leur savoir-faire.