La présidente de la CSQ, Sonia Éthier, le président de la FTQ, Daniel Boyer, et le président de la CSN, Jacques Létourneau, ont rencontré ensemble la presse, jeudi, à Montréal.

CSQ-CSN-FTQ: réinvestir sans améliorer les conditions de travail ne suffira pas

MONTRÉAL - Si le gouvernement se limite à réinvestir dans les services publics et à afficher des postes, il risque d’avoir de la difficulté à trouver des candidats, dans bien des cas, tant les conditions de travail sont pénibles dans certains milieux.

Il faut donc, non seulement réinvestir dans les services publics, mais aussi améliorer les conditions de travail des salariés, ont plaidé jeudi les présidents de la CSQ, de la CSN et de la FTQ, au cours d’une conférence de presse conjointe à Montréal.

Beaucoup d’emplois sont précaires dans le secteur public. Les quarts de travail de soir, de nuit dans les hôpitaux ne sont guère propices à attirer des candidats qui ont de jeunes enfants, par exemple. Et, surtout, il y a une importante surcharge de travail dans le réseau de la santé, qui touche les travailleurs à tous les niveaux, ont fait valoir les présidents des trois principales centrales syndicales. Et l’éducation vit aussi son lot de problèmes.

«On a le syndrome de la poule et de l’oeuf: si on ne s’attaque pas à l’amélioration des conditions de travail, à la base, vous aurez beau créer 4000, 5000, 10 000 postes, vous ne trouverez pas le personnel, parce que les gens ne veulent pas aller travailler dans ces conditions-là. Donc, il faut à tout prix travailler sur les conditions de travail, sinon on n’attirera pas le personnel», s’est exclamé le président de la FTQ, Daniel Boyer.

«Quand on va dans le réseau de la santé ou dans les commissions scolaires, partout, unanimement, les gens nous disent: ça n’a plus de sens. Les réseaux sont en train de craquer; ils vont continuer à craquer et les gens sont complètement débordés», a rapporté à son tour Jacques Létourneau, président de la CSN.

Il faut donc réinvestir, de manière stable et prévisible, et pas seulement réinjecter l’équivalent de ce qui a été réduit, au cours des dernières années. Il faut réinvestir plus, pour répondre aux besoins des enfants en difficulté d’apprentissage, aux besoins en soins à domicile, aux besoins dans les CHSLD et autres.

Plus de yoyo

Les travailleurs des services publics ne veulent «plus de yoyo ou de montagnes russes», a lancé Sonia Éthier, présidente de la CSQ.

«Il doit d’abord assumer les coûts du système, c’est-à-dire maintenir les services et les programmes actuels, compte tenu de l’augmentation de la population et des hausses salariales. Ensuite, il faut aussi de nouveaux investissements pour régler les problèmes criants qui existent au sein des réseaux: santé-services sociaux, éducation, enseignement supérieur et petite enfance», a résumé Mme Éthier.

À un peu plus de deux semaines du scrutin, les trois ont réitéré les autres revendications qu’ils défendent depuis quelques années déjà: salaire minimum à 15 $, conciliation travail-famille-études, assurance médicaments publique, préparation de la transition de l’économie, qui se dirige vers les industries plus vertes, la robotisation et l’intelligence artificielle.