Cette semaine, le cabinet de la ministre de la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, nous a indiqué que le projet de démolition était sur la glace.

Couvent de Ste-Élisabeth: le projet de démolition sur la glace

Construit en 1876, le couvent de Sainte-Élisabeth, dans la région de Lanaudière, ne sera pas démoli tant que le gouvernement n’aura pas en main les conclusions d’une étude qui déterminera le potentiel du bâtiment patrimonial pour un projet d’hébergement et de soins de longue durée aux normes d’aujourd’hui, a appris Le Soleil.

En janvier, Le Soleil rapportait que selon trois appels d’offres publiés par la Société québécoise des infrastructures (SQI), l’ancien couvent, qui sert de CHSLD depuis plusieurs années, serait démoli pour faire place à un nouvel immeuble plus fonctionnel qui abriterait une des 30 maisons des aînés du gouvernement Legault. 

LIRE AUSSI: Première Maison des aînés : un vieux couvent menacé de démolition

«Le centre d’hébergement […] est vétuste et présente plusieurs problématiques d’ordre fonctionnel», expliquait-on dans les documents. Il semble que des travaux de l’ordre de 2 millions $ seraient notamment nécessaires pour la mise au niveau de la sécurité-incendie aux étages supérieurs du bâtiment. 

Le premier couvent de Sainte-Élisabeth de Hongrie a été érigé en 1849. Le bâtiment en pierres grises a dû être reconstruit en 1876 à la suite d’un incendie, puis un étage et deux ailes ont été ajoutés en 1906. L’ancien couvent est considéré par la MRC d’Autray comme ayant une valeur patrimoniale «supérieure». Le bâtiment apparaît aussi dans le Répertoire du patrimoine culturel du Québec, mais il ne détient pas de statut particulier en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel. 

Selon ce qu’avait expliqué au Devoir cet hiver la responsable de la culture et du patrimoine à la MRC d’Autray, Marie-Julie Asselin, «la complexité avec le couvent, c’est que c’est un bâtiment qui appartient au gouvernement», et qu’«une municipalité ne peut pas citer un bâtiment qui appartient à une instance gouvernementale supérieure». 

Étude demandée

Cette semaine, le cabinet de la ministre de la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, nous a indiqué que le projet de démolition était sur la glace. 

«Une étude a été demandée afin de déterminer le potentiel de réutilisation du couvent pour un projet d’hébergement et de soins de longue durée aux normes d’aujourd’hui. Les conclusions sommaires de cette étude seront connues vers la fin de l’été et permettront d’orienter les suites à donner à ce dossier», nous a écrit l’attachée de presse de la ministre Blais, Marjaurie Côté-Boileau, précisant que le ministère de la Culture participe aussi à la démarche.

«S’il s’avère que l’emplacement est retenu, le ministère de la Culture accompagnera l’ensemble des partenaires gouvernementaux afin d’assurer la réalisation d’un projet qui prend en compte et respecte les composantes patrimoniales», ajoute Mme Côté-Boileau.

Parallèlement, le ministère de la Santé et des Services sociaux a demandé à la SQI de «procéder à la recherche d’autres sites dans la communauté de Sainte-­Élisabeth». «Pour le moment, toutes les options sont encore sur la table en ce qui a trait au choix de l’emplacement du milieu d’hébergement à Sainte-Élisabeth», résume l’attachée de presse de la ministre responsable des Aînés.

Dans une lettre envoyée en avril à la ministre Blais, et dont Le Soleil a obtenu copie, sœur Claire Houde, supérieure provinciale des Sœurs de la Providence, dit espérer que «des solutions seront trouvées pour préserver le patrimoine», et souligne que dans le passé, des architectes ont su, «de façon créative et à des coûts raisonnables», rénover le bâtiment et préserver son authenticité tout en en faisant un «milieu de vie moderne, mais chaleureux, adapté aux différents besoins des personnes aînées». 

Sœur Claire rappelle qu’entre 1849 et 1979, les Sœurs de la Providence ont «donné l’instruction à des jeunes filles pensionnaires ou pas, ont soigné des personnes âgées […], visité des malades et aidé des familles qui en avaient besoin». «Nous serions peinées, comme Sœurs de la Providence présentes depuis 170 ans dans cette région, pour les gens de la paroisse Sainte-Élisabeth ainsi que pour le patrimoine historique et architectural québécois» de voir disparaître ce «joyau significatif», écrit-elle.