Marc-Antoine Bellefroid (à droite) a été nommé meilleur joueur sur les unités spéciales au pays pour la dernière semaine.

Coupe Vanier: le temps d’un gros jeu

HAMILTON — Un seul jeu, mais un très gros jeu, a permis à Marc-Antoine Bellefroid de sortir de l’ombre et de conjurer le mauvais sort subi l’année dernière.

Car à pareille date en 2016, lors de la finale de la Coupe Vanier, le spécialiste des longues remises était tenu à un rôle de spectateur en raison d’une blessure au genou. «L’année passée, ç’a été dur. On gagne, mais tu n’es pas habillé… Sauf que je l’ai pris de la bonne façon. Là, d’être habillé et d’avoir la chance de jouer, c’est excitant», a dit vendredi celui qui a conservé sa longue crinière blonde malgré la coupe mohawk «subie» par tous les joueurs du Rouge et Or.

La semaine dernière, il a participé au jeu-clé de la victoire en demi-finale du Rouge et Or sur les Dinos de l’Université de Calgary. Lors d’un retour de dégagement, Bellefroid a fait perdre le ballon à Deane Leonard sur un violent plaqué, séquence qui a conduit au touché de Gabriel Ouellet. C’était alors 27-18 pour Laval, le match s’est terminé 35-23. Le point tournant.

Bellefroid a vu son jeu couronné du titre de joueur de la dernière semaine au Canada sur les unités spéciales. «Ce n’est rien que j’attendais. Veux, veux pas, j’ai été sur un seul gros jeu. À part ça, j’ai fait des bons snaps… Comme toujours!» a affirmé le souriant athlète de 6’2’’ et 250 livres, qui prévoyait dormir sans peine pendant la dernière nuit avant le grand rendez-vous de samedi (13h), contre les Mustangs de l’Université Western Ontario.

Le vent, un impondérable

Bellefroid fait partie des unités spéciales, phase du jeu éclipsée des discussions cette semaine par la terrifiante attaque des Mustangs et la muraille défensive du Rouge et Or. Mais dans le venteux stade Tim Hortons, elle pourrait faire toute la différence.

«Ça va être une journée venteuse, il va falloir être prêts à plusieurs genres de scénarios», a d’ailleurs affirmé le coordonnateur des unités spéciales, Mathieu Bertrand. «On est habitués à Québec, donc ça ne me stresse pas ben ben.»

L’ancien quart-arrière vedette du Rouge et Or, pivot des deux premières formations lavalloises couronnées championnes (1999 et 2003), admet s’ennuyer du jeu. «Si j’avais encore la chance de jouer, je jouerais. J’ai encore la passion de jouer. Mais le corps ne suit plus, je m’en vais sur mes 40 ans! Mais le fait que je sois resté dans le football, que je puisse enseigner toute mon expérience de 30 ans de football... C’est un cadeau de voir mes joueurs performer, c’est incroyable.»

Contrairement à lui, Bertrand assure que les joueurs de l’Université Laval ne sont pas fatigués par les nombreux voyages des dernières semaines, de Québec à Calgary à Hamilton, en repassant par Québec. «Moi, je suis fatigué parce que j’ai 40 ans. Eux, ils ont 20 ans. Je ne pense pas que ça va faire une différence», a-t-il dit en riant.

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Renfort de premier plan

Le retour au jeu du porteur de ballon Christopher Amoah tombe à point. Car devant une formation qui compte plusieurs coureurs de premier plan comme Western, le Rouge et Or devra répliquer en diversifiant son attaque. «Il travaille très fort cette semaine pour rattraper un peu tout le monde», a expliqué le quart Hugo Richard, jeudi, parlant de son coéquipier blessé à la cheville depuis le match du 21 octobre contre les Carabins de l’Université de Montréal.

«C’est un joueur très dynamique qui court d’une façon très spéciale. Peu de joueurs sont capables de courir comme lui. Ça va aussi donner un peu de repos à Vincent Alarie-Tardif pendant le match», a ajouté Richard. Après un début de saison parfois difficile, Amoah retrouvait sa superbe avant sa blessure, comme le démontre son match de 180 verges contre Sherbrooke, le 7 octobre. 

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VU

Un joueur des Mustangs de l’Université Western passé tout l’entraînement de vendredi vêtu de bermudas et d’un gilet (transparent!) sans manches. Même si le thermomètre annonçait 10°C, les rafales de vent à plus de 50 km/h étaient mordantes au stade Tim Hortons. Tuques et manteaux d’hiver semblaient quasi nécessaires, du moins pour les pauvres journalistes forcés de faire le pied de grue sur les lignes de côté.

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ENTENDU

«Donnez-en lui autant que vous voulez!» À la blague, l’entraîneur-chef des Mustangs, Greg Marshall, a demandé de l’aide aux journalistes de Québec, jeudi soir, juste avant le gala U Sports de fin de saison. En offrant une bière à son ami et adversaire Glen Constantin, il a insisté pour qu’on l’imite, histoire de faire perdre un peu la carte au plus décoré des entraîneurs du football universitaire canadien, moins de 48 heures avant le grand match. Rassurez-vous, partisans du Rouge et Or, nous n’avons pas donné suite à sa demande...

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VU

De la brique, de la brique et encore de la brique. Point de vue beauté, la ville de Hamilton n’a pas la meilleure réputation… et force est d’admettre que c’est mérité, principalement en raison des nombreuses usines situées en bordure du lac Ontario. Son centre-ville et les alentours possèdent toutefois un potentiel intéressant, puisque la grande majorité des bâtiments sont construits en briques rouges et brunes. Mais le tout est trop souvent gâché par de vilaines enseignes commerciales, un manque flagrant d’entretien et des terrains vagues en attente d’un promoteur. Dommage... Fin de la chronique urbanistico-architecturale. 

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Surprenant Gingras-Gagnon

Simon Gingras-Gagnon est devenu un rouage important de l’attaque du Rouge et Or dans les dernières semaines.

Le centre-arrière a inscrit deux touchés en saison, puis un autre lors du match de la Coupe Mitchell contre Calgary, il y a sept jours. Sa tenue lui a valu d’être nommé parmi les étoiles au Québec, une surprise même pour lui.

«Oui, c’est super surprenant. Je m’attendais surtout à avoir un impact sur les unités spéciales. J’avais pas vraiment d’objectifs cette année», dit l’ancien des Redmen de McGill.

Fort de son expérience à la Coupe Vanier l’an dernier, le natif de Québec assure se sentir moins nerveux cette semaine. «Ça enlève un petit peu de stress, même s’il en reste. Mais c’est un bon stress. On le gère bien. Moi, je te dirais que je suis stressé une heure avant le match. Mais dès que ça commence, c’est fini.»

Il occupe l’ancien poste d’Antony Auclair, désormais membre des Buccaneers de Tampa Bay de la NFL. De gros souliers à chausser. «Je ne veux pas dire “remplacer” Antony Auclair», prend-il soin de mentionner. «Parce que ça reste quand même un gros morceau. Je ne veux pas me mettre de pression par rapport à ça. Je ne veux pas essayer de jouer comme lui», ajoute Gingras-Gagnon, qui concède au moins cinq pouces et 50 livres à son ancien coéquipier.