Le contraceptif formé de deux micros ressorts installés par un obstétricien-gynécologue dans les trompes de Fallope. Il est fabriqué par l’entreprise pharmaceutique Bayer.

Contraceptif permanent Essure: une action collective autorisée

MONTRÉAL — Le feu vert vient d’être donné à une action collective au Québec visant à dédommager les femmes s’étant fait installer un contraceptif permanent appelé Essure.

La juge Chantal Lamarche de la Cour supérieure a permis, par jugement rendu cette semaine, à cette poursuite d’aller de l’avant.

C’est Joan Letarte qui porte cette action sur ses épaules, au nom de toutes les femmes québécoises qui ont eu des problèmes de santé en raison de l’installation de ce contraceptif.

Il est formé de deux micros ressorts installés par un obstétricien-gynécologue dans les trompes de Fallope. Il est fabriqué par l’entreprise pharmaceutique Bayer.

Mme Letarte poursuit Bayer en lui reprochant plusieurs fautes en lien au développement et à la fabrication de ce moyen contraceptif, mais aussi quant à sa commercialisation et à sa promotion.

Elle soutient que Bayer a mis en marché un produit dangereux.

Elle s’est fait installer le contraceptif Essure en juillet 2011, sans avoir reçu d’informations quant aux risques associés à cette méthode, dit-elle. Elle soutient avoir eu par la suite de graves problèmes de santé : saignements abondants, caillots de sang lors des menstruations, douleurs pelviennes, ballonnements et prise de poids. Ses problèmes de santé sont si importants que ses médecins recommandent une hystérectomie afin d’enlever les implants Essure. Ce qu’elle subit effectivement en 2016.

Elle plaide que si elle avait connu les risques associés aux implants, elle n’aurait pas accepté cette méthode de contraception.

Bayer ne nie pas les problèmes médicaux de Mme Letarte, mais soutient qu’ils n’ont pas été causés par son contraceptif.

Aucun des faits allégués par Mme Letarte n’a encore été prouvé devant un tribunal. L’autorisation accordée par la juge Lamarche permet à la poursuite d’aller de l’avant et d’éventuellement se rendre à procès.

L’action est intentée au nom de toutes les Québécoises ayant eu des problèmes de santé — infection des voies urinaires, organes perforés, migration des implants, douleurs pelviennes, ménorragies ou symptômes auto-immunitaires — depuis le 1er juillet 2011, en lien avec ce contraceptif.

Bayer dispose de 30 jours pour en appeler du jugement d’autorisation. L’entreprise a d’ailleurs fait savoir par courriel qu’elle examine présentement toutes ses options, y compris la possibilité de faire appel de cette décision.

Il est difficile de savoir combien de Québécoises ont reçu ces implants. Sur son site internet, Santé Canada indique qu’Essure est commercialisé au Canada depuis 2002 et que plus de 8000 unités ont été vendues de 2002 à 2014. Le 30 mai 2016, l’organisme fédéral a rédigé un avis de sécurité intitulé «risque de graves complications» après le signalement de certaines situations, le ministère insistant alors sur la nécessité de mises en garde appropriées auprès des femmes.

Deux demandes visant à faire autoriser une action collective ont été déposées ailleurs au Canada, soit en Saskatchewan et en Ontario.