Catherine Paradis, analyste principale, recherche et politiques au CCDUS.

Consommation excessive d’alcool dans les campus: première canadienne en novembre

La consommation excessive d’alcool sur les campus a fait l’objet de discussion, jeudi, lors d’un symposium à Sherbrooke. Il s’agissait du premier symposium scientifique. Des spécialistes canadiens ont notamment abordé le changement de la culture d’alcool sur les campus et les approches éducatives pour prévenir la consommation à risque élevé. Une première enquête de surveillance canadienne menée en collaboration avec Santé Canada et Statistique Canada sera par ailleurs lancée sur les campus en novembre prochain. Les universités Bishop’s et de Sherbrooke ont accepté de participé à ce coup de sonde.

« On aura de nouvelles données », commente Catherine Paradis, analyste principale, recherche et politiques au Centre canadien sur les dépendances et l’usage des substances (CCDUS).

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« Ça va vraiment nous donner une image canadienne, mais aussi chaque campus aura des données qui lui sont propres sur la consommation et les conséquences. C’est une enquête de surveillance, donc à partir de maintenant, aux deux ans, Santé Canada va faire ça. »

Un sous-groupe du Partenariat en éducation postsecondaire – Méfaits de l’alcool (PEP-MA) a développé les questions liées au sondage, précise Mme Paradis, coprésidente du PEP-MA. Les universités devraient avoir accès aux données environ six mois après l’enquête. Les données agrégées au plan national, elles, devraient être disponibles un an plus tard.

Le symposium était organisé par le PEP-MA et le CCDUS.

« L’alcool et la culture de consommation continuent de causer de graves méfaits aux étudiants sur les campus canadiens. Ce symposium est l’occasion de favoriser la collaboration entre des experts internationaux, des membres du PEP-MA, des administrateurs de campus et des étudiants », indique Catherine Paradis.

Une visite aux urgences aux deux jours

Une étude de cas dans la communauté de Sherbrooke parue en 2018 avait notamment démontré que les équipes de service d’aide des campus sherbrookois avaient dû intervenir environ trois fois par mois en 2016-2017 en raison d’incidents liés à l’alcool. Le document avait été publié par le CCDUS et mettait en lumière différentes problématiques causées par la consommation abusive d’alcool chez les jeunes.

L’étude du Dr Claude Cyr et de ses collègues montrait que, tous les deux jours, un jeune consulte pour une urgence médicale liée à l’alcool. Dans près de 25 % des cas, l’intoxication représentait « une menace potentielle pour la vie ».

« Le projet continue avec Claude Cyr (du CIUSSSS de l’Estrie — CHUS). On continue à suivre les admissions des jeunes aux urgences. Les universités continuent à suivre les données », note Mme Paradis.

« La problématique liée à l’alcool existe depuis longtemps, depuis toujours je pense! Mais elle a été cruellement négligée. Ce qu’on veut, c’est s’y attaquer de manière collaborative. Les universités, entre elles, sont assez compétitives. Elles veulent attirer des étudiants. Ce qu’on a réussi avec le PAP-MA, c’est d’amener une grande collaboration dans un environnement qui est habituellement compétitif. » L’objectif est de partager les connaissances... On a des chercheurs qui viennent nous présenter des résultats d’initiatives qu’ils ont mis en œuvre sur leur campus et qu’ils ont évalués ou sur lesquels ils ont longuement réfléchi. »

Des étudiants sont venus présenter les projets qui ont été mis en place sur leur campus respectif.

Des vidéos éducatives et des interventions ont notamment vu le jour à l’Université de Calgary. Entre mai 2018 et mai 2019, l’équipe d’intervention de l’Université Calgary a reçu 108 appels liés à des problématiques d’alcool, indique Cassandra Chisholm, étudiante en kinésiologie de l’Université de Calgary. La jeune femme faisait partie des étudiantes qui a participé à l’Académie internationale d’été sur le leadership en prévention des méfaits de l’alcool qui a eu lieu en Slovénie en juin dernier.