Le ministre de l’Immigration, David Heurtel, s’était engagé à donner suite aux recommandations de la vérificatrice en effectuant une évaluation des programmes d’intégration.

Conseillers en «gestion du changement» demandés au ministère de l’Immigration

Le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) s’apprête à vivre une vaste transformation, au point de devoir recourir à des «services professionnels en gestion du changement».

Selon un appel d’offres publié le 18 mai sur le Service électronique d’appel d’offres (SEAO) du gouvernement du Québec, le MIDI s’est, «en réponse aux orientations ministérielles», engagé à «transformer ses programmes, ses processus d’affaires et ses façons de faire», et à «moderniser ses systèmes d’information pour offrir de meilleurs services à la clientèle».

Ces changements, précise le ministère, permettront notamment de «transformer les processus d’immigration, de participation et d’inclusion (dont la francisation et l’intégration) et les centrer sur les besoins en main-d’œuvre du Québec, tout en éliminant les activités sans valeur ajoutée». 

Ils permettront également de «réduire les dépenses de fonctionnement» du ministère et de «revoir le déploiement régional et international» des services, ajoute-t-il. Selon ce que rapportait La Presse en novembre, le gouvernement Couillard veut rouvrir les bureaux régionaux, fermés en 2013 et 2014, et redéployer des effectifs à l’étranger.

Le mandat, qui sera donné à quatre conseillers en gestion du changement, peut-être cinq, est d’une durée de 18 mois, commençant approximativement à la mi-juillet.

Des projets sont déjà en cours, dont le service de déclaration d’intérêt (SDI), un système d’immigration basé sur la déclaration d’intérêt des personnes immigrantes, rappelle-t-on dans l’appel d’offres.

«Ce nouveau système de gestion de la demande permettra d’avoir un contrôle sur l’afflux des demandes d’immigration et de pouvoir sélectionner en continu des candidates et des candidats de la catégorie de travailleurs qualifiés qui répondent le mieux aux besoins du Québec», écrit le MIDI, qui entend déployer ce service «prochainement». 

Regroupement à Montréal

Autre projet : le regroupement, dans un nouvel immeuble du Carré Saint-Laurent, à Montréal, du personnel qui travaille actuellement dans cinq bâtiments différents de la métropole. Le déménagement devrait se faire graduellement entre juillet et décembre 2019 «et sera accompagné d’une succession de changements auxquels doivent être préparées les ressources du ministère». 

«Dans le but d’assurer le succès de la mise en œuvre de ces projets et autres changements prévus, le MIDI doit tenir compte de la capacité organisationnelle à changer et doit préparer adéquatement la transition entre la situation actuelle et celle visée», résume le ministère. 

Au 31 mars 2018, le MIDI comptait quelque 1352 employés (761 personnes occupant un emploi régulier et 591 personnes à statut occasionnel). 

Le Soleil a tenté mardi d’obtenir des précisions sur l’appel d’offres et les intentions du gouvernement Couillard auprès du cabinet du ministre de l’Immigration, mais n’avait pas eu de retour au moment d’écrire ces lignes. 

Dans un rapport publié en novembre, la Vérificatrice générale a conclu que la francisation des immigrants au Québec était un échec, alors que seulement le tiers des immigrants auxquels est destiné le processus de francisation se sont inscrits aux cours offerts par le ministère entre 2010 et 2013. De ce groupe, près du tiers ne s’est jamais présenté ou a abandonné en cours de route sans que ces désistements ne fassent l’objet d’un suivi du ministère, qui a injecté 74 millions $ en 2016-2017 pour ces programmes de francisation.

Autre constat de la vérificatrice: plus de 90% de ceux qui complètent le cours de francisation sont incapables de fonctionner au quotidien en français. 

Le ministre de l’Immigration, David Heurtel, s’était engagé à donner suite aux recommandations de la vérificatrice en effectuant une évaluation des programmes d’intégration, un suivi plus rigoureux des ententes conclues avec les partenaires et une meilleure reddition de comptes du ministère à ce chapitre. Il avait également annoncé un plan d’action en cinq points pour corriger les écueils dénoncés par la vérificatrice en matière de francisation. 

Le gouvernement Couillard s’attend à accueillir entre 49 000 et 53 000 immigrants encore cette année, selon le Plan d’immigration du Québec 2018.