Figure 1. Poupe et poste de conduite de l’Aventure 6 Figure 2. Côté tribord et proue de l’Aventure 6

Collision entre un pneumatique et une baleine: des lacunes de sécurité

BAIE-COMEAU – Des lacunes dans la gestion de la sécurité sont à l’origine de l’accident entre un pneumatique de Croisières Essipit et ce qui était vraisemblablement une baleine au large des Bergeronnes, sur la Côte-Nord, le 29 août 2016, a conclu le rapport d’enquête du Bureau de la sécurité des transports (BST) du Canada. Deux personnes, dont le conducteur de l’embarcation, ont été blessées significativement, d’autres subissant des blessures mineures.

D’après le BST, la gestion de la sécurité était loin d’être la seule fonction de l’opérateur du zodiac, souvent débordé. «Étant donné les nombreuses tâches que devait accomplir l’opérateur, notamment animer l’excursion et surveiller la vitesse et la position de l’embarcation, il n’a pas vu la baleine tout près» avant l’impact, fait-on valoir, tout en soulignant du même coup que la collision a eu lieu à une vitesse de près de 22 nœuds «avec un objet non identifié».

Projeté à la mer par l’impact, l’opérateur a notamment été blessé à la tête, au bras et a reçu un diagnostic de trouble de stress post-traumatique. Un des huit passagers a subi une sérieuse blessure au genou. Les deux moteurs hors-bord de l’embarcation ont aussi encaissé des dommages.

Le BST a rappelé qu’après un accident semblable, il avait recommandé en juin 2017 à Transports Canada d’exiger des exploitants de navires à passagers commerciaux adoptent des processus de gestion des risques. Il indique aussi au passage que Croisières Essipit n’avait aucune exigence à mettre en place un système de gestion de risques puisqu’aucun règlement ne l’y oblige.