Germain Tremblay vivait ses derniers moments de liberté, vendredi matin. Il a pris le chemin du pénitencier en fin d’après-midi, où il passera les 42 prochains mois.

Cinq jeunes victimes agressées pendant 30 ans

«Je te faisais confiance. J’étais sans défense. J’étais toute petite.» Germain Tremblay a écopé d’une peine de trois ans et demi de pénitencier pour avoir agressé sexuellement cinq jeunes filles, âgées de 5 à 16 ans, durant une période de 30 ans. L’homme de 66 ans de Saint-Ambroise a été reconnu coupable de sept chefs d’accusation d’attentat à la pudeur, d’agression sexuelle et de grossière indécence, vendredi, au Palais de justice de Chicoutimi.

En janvier 2018, Germain Tremblay avait initialement été accusé de 22 chefs d’accusation à caractère sexuel, commis sur huit victimes, toutes d’âge mineur. Durant le processus judiciaire, certaines victimes avaient toutefois préféré se retirer.

Au printemps dernier, l’individu avait fait savoir au tribunal qu’il songeait à entériner des plaidoyers de culpabilité et c’est vendredi que la cause a été entendue. L’homme était libre jusqu’ici, mais il s’est présenté au Palais de justice de Chicoutimi avec son petit bagage, puisqu’il savait qu’il serait incarcéré immédiatement. En effet, le procureur de la Couronne et celui de la défense, Me Jean-Sébastien Lebel et Me Charles Cantin, en étaient venus à une suggestion commune, qu’ils ont soumise au juge Pierre Lortie.

Germain Tremblay, qui n’avait aucun antécédent judiciaire, a agressé ses cinq victimes entre 1971 et 2001. La plus jeune des victimes avait 5 ans lorsque Tremblay l’a agressée la première fois. Les autres victimes avaient entre 9 et 11 ans lorsqu’il s’en est pris à elles la première fois. Pour la plupart d’entre elles, les gestes se sont poursuivis jusqu’à la fin de leur adolescence.

Attouchements aux seins, aux fesses et aux parties génitales faisaient partie du manège de Germain Tremblay. Que ce soit par-dessus ou sous les vêtements. Certaines de ses victimes ont également été contraintes à lui faire des fellations.

«Pourquoi tu m’as fait ça? Je te faisais confiance», a laissé tomber une victime, lorsqu’elle s’est adressée au tribunal.

Germain Tremblay vivait ses derniers moments de liberté, vendredi matin. Il a pris le chemin du pénitencier en fin d’après-midi, où il passera les 42 prochains mois.

Les cinq victimes de l’homme ont d’ailleurs tenu à s’exprimer durant les représentations sur la peine, vendredi. Une ordonnance de non-publication interdit évidemment qu’on divulgue leur identité et le lien qui les unit à l’homme. On peut toutefois dire qu’elles étaient, avant que les gestes ne commencent, dans une relation de confiance avec lui.

«Je regrette de ne pas l’avoir dénoncé avant. Toute ma vie, j’ai été inconfortable lorsque je me retrouvais seule avec un homme. Je fais encore des cauchemars», a affirmé une victime. D’ailleurs, les cinq femmes qui se sont exprimées ont toutes affirmé avoir vécu des difficultés relationnelles avec les hommes, surtout dans l’intimité. Anxiété, peur, perte d’estime de soi et craintes de se faire agresser de nouveau sont des émotions que les dames ont partagées au tribunal. Certaines ont eu de la difficulté à parler, en raison des sanglots qu’elles ne pouvaient retenir.

Pendant que ses victimes s’adressaient au juge Pierre Lortie, l’accusé les écoutait sans broncher. Quelques minutes avant de prendre le chemin du pénitencier, il a toutefois tenu à dire quelques mots.

«Je sais que c’est facile de s’excuser maintenant, mais quand on est jeune, on peut faire des niaiseries qui ont des conséquences [...] Je promets de ne jamais recommencer. Et je m’excuse sincèrement à toutes mes victimes», a affirmé Germain Tremblay, qui a perpétré ces gestes durant 30 ans.

«Je tiens à dire que ce genre de dossier est très éprouvant, même pour celui qui vous parle», a affirmé de son côté l’avocat de Tremblay, Me Charles Cantin.

Le juge Pierre Lortie a accepté la suggestion commune des deux parties. Germain Tremblay a donc été menotté en cour, puis il a été amené en détention, sous le regard de ses victimes, qui ont poussé un soupir de soulagement.

Germain Tremblay sera également inscrit au Registre des délinquants sexuels jusqu’à la fin de ses jours.