Alexandre Cusson s’est adressé aux médias dimanche flanqués de ses supporteurs, dont les députées Marwah Rizqy et Lise Thériault.

Chefferie du PLQ : un départ sans vague pour Alexandre Cusson

SHERBROOKE — La plupart des militants libéraux s’attendaient à en apprendre un peu plus sur les idées d’Alexandre Cusson au courant de la fin de semaine, mais l’actuel maire de Drummondville est toutefois resté très général dans ses positions.

Alexandre Cusson s’est officiellement lancé à la course à la chefferie du PLQ samedi à Sherbrooke dans le cadre du congrès général du parti. Dominique Anglade est la seule autre candidate au poste de chef pour l’instant.

À LIRE AUSSI: Chefferie du PLQ: Alexandre Cusson ne veut pas d'un «Montréal contre les régions»

Chefferie du PLQ: égalité sur la ligne de départ

Course à la direction du PLQ: un débat autour de «bébelles»

« Vous êtes impatients, a-t-il lancé aux journalistes qui le questionnaient pour connaître ses propositions pour le Parti libéral. C’est la première journée, la campagne a été lancée [samedi]. Est-ce que vous vous attendiez que j’arrive ici avec ma plateforme? Dans la vie, j’ai rassemblé en écoutant et non en imposant et c’est ce que je vais faire. »

« Je suis quelqu’un qui arrive du monde de l’éducation, ce sera donc extrêmement important pour moi, a ajouté l’homme de 51 ans. Ça va être important pour moi de parler de développement économique. Ça va être important de rapprocher les décisions des citoyens. Je suis convaincu que le prochain projet de société du Québec sera la transition énergétique. On aura des propositions dans ce sens. »

Le chef par intérim du parti, Pierre Arcand, estime qu’il faut laisser du temps à M. Cusson.

« Il faut lui donner une chance, il arrive, mentionne-t-il. Il aura l’occasion de s’organiser. »

Dominique Anglade, qui s’est prononcée en faveur d’une charte des régions et de la signature d’un « pacte économique pour le climat », a critiqué la prudence de M. Cusson.

« Si on veut faire un débat d’idées, encore faut-il qu’il y en ait à débattre. Alors on les attend avec impatience », a dit la députée de Saint-Henri–Sainte-Anne à propos de M. Cusson.

Regagner les régions

Présenté comme un candidat des régions, par opposition à Mme Anglade, associée à Montréal et à sa diversité culturelle, M. Cusson se voit comme un leader « rassembleur » et espère que l’enjeu de la course ne devienne pas « Montréal contre les régions ».

Le PLQ a subi une lourde défaite dans les régions du Québec lors des dernières élections. Il a notamment été rayé de la carte en Estrie. 

« J’ai fait le tour du Québec deux fois en tant que président de l’UMQ, souligne M. Cusson. J’ai entendu les régions et j’ai parlé avec les gens. Je veux les écouter et aller de l’avant avec eux. »

Quand on lui demande pourquoi il veut devenir premier ministre du Québec, cet ancien président de l’Union des municipalités dit souhaiter une plus grande décentralisation du pouvoir en faveur des régions et du monde municipal.

M. Cusson dit n’avoir jamais voté pour un autre parti que le PLQ et avoir voté « non » au référendum de 1995 sur la souveraineté. Il a milité avec les jeunes libéraux dans les années 1980.

M. Cusson a affirmé qu’il entendait bien se consacrer à temps plein à la bataille pour le poste de chef, mais seulement à compter de février. Il veut d’abord déposer le budget de la ville en janvier, avant de quitter ses fonctions de maire de Drummondville.

D’autres candidats?

Toute personne intéressée à devenir chef du parti a jusqu’au 6 mars pour déposer son bulletin de candidature.

Mais le chef par intérim, Pierre Arcand, est d’avis que d’autres noms, outre M. Cusson et Mme Anglade, pourraient s’ajouter à la courte liste de candidats.

« Il y a des gens qui m’ont dit qu’ils pouvaient avoir un intérêt », a mentionné M. Arcand, en mêlée de presse, dimanche, sans toutefois donner de noms.

« Plus y a de gens, plus ça fait des débats d’idées, alors plus ça peut être intéressant et plus ça prouve qu’on est un parti vivant », a-t-il fait valoir, avant de quitter précipitamment le conseil général pour aller faire campagne à Québec, où le vote par anticipation a commencé dans Jean-Talon, pour le scrutin du 2 décembre.

Le député de La Pinière, Gaétan Barrette, qui a lui-même songé à se présenter avant de reculer, a dit lui aussi qu’il serait bien de voir se pointer un ou deux autres candidats pour mettre un peu de piquant dans la course.

Pour l’instant, M. Barrette n’appuie aucun des deux candidats en lice.

Le nom du chef sera connu le 31 mai à Québec.

Règles contraignantes

Pour la première fois de son histoire, le PLQ se donne un chef élu au suffrage universel (un membre, un vote).

Les règles imposées aux candidats, qui ont été définies lors du précédent conseil général en mai à Drummondville, sont très contraignantes.

Le nom du gagnant ou de la gagnante sera connu après un savant et complexe calcul de points, visant à donner davantage de poids politique aux régions, là où le PLQ cherche à marquer des points.

Le vote adulte (les membres ayant plus de 25 ans) comptera pour 66 pour cent du calcul, et le vote jeune (ceux ayant moins de 25 ans) pour 33 pour cent.

Si d’autres candidats s’ajoutent et qu’aucun au final n’obtient 50 pour cent des points plus un au premier tour, seuls les deux candidats les mieux positionnés s’affronteront au cours d’un deuxième tour.

Le parti a cherché à aplanir les écarts entre les circonscriptions ayant un grand nombre de membres et celles où on en compte peu, pour faire en sorte qu’elles aient toutes le même poids électoral.

Les candidats pourront dépenser un maximum de 500 000 $ pour tenter de se faire élire, et doivent déposer la somme de 50 000 $ au parti avec leur bulletin, la somme sera placée en fidéicommis.

À l’appui de sa candidature, chaque aspirant chef doit avoir recueilli la signature d’au moins 750 membres (dont 250 qui auront adhéré au parti après le 5 mai) provenant d’au moins 70 circonscriptions et 12 régions.

Il y aura cinq débats entre les candidats : deux se tiendront dans l’ouest du Québec et deux dans l’est. Un des débats aura lieu en anglais et un cinquième sera organisé par la Commission Jeunesse du parti. Avec La presse canadienne