Me Julien Boulianne a agi « pro bono », donc gratuitement, pour aider l’accusée.

Casier évité: merci à Me Boulianne

Une citoyenne de Saguenay doit une fière chandelle au criminaliste Julien Boulianne. Il lui a évité un casier judiciaire parce que la femme ne pouvait être accusée de possession de stupéfiants, car elle se trouvait en situation de détresse.

Vendredi matin, la dame de 47 ans s’apprêtait à plaider coupable à une accusation de possession d’une substance illicite, soit du GHB, avant que Me Boulianne n’intervienne, lui qui n’était pourtant pas son avocat.

Le 3 novembre 2018, la femme se trouvait dans un bar de Saguenay. Elle était en état d’intoxication et était sur le point de faire une surdose.

Immédiatement, des gens autour d’elle ont communiqué avec les services d’urgence afin de lui porter secours.

Pendant que les ambulanciers dispensaient les premiers soins à la patiente, les policiers ont fouillé dans la bourse de la femme afin de connaître son identité.

C’est là qu’ils ont remarqué que du GHB se trouvait dans son sac à main. Des accusations de possession de stupéfiants ont été portées.

Me Karen Inkel, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), était sur le point de réclamer 240 heures de travaux communautaires, une probation de deux années et un suivi de 12 mois. Me Boulianne est intervenu au moment où la procureure de la Couronne faisait le résumé des faits à la juge Isabelle Boillat, de la Cour du Québec.

« Peut-être que je ne me mêle pas de mes affaires, mais en écoutant le résumé, je dois dire que l’on ne peut pas accuser une personne qui se trouve en situation d’urgence. Ça fait partie du Code criminel canadien », a expliqué le criminaliste.

L’article 4.1 de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances précise que la personne qui demande, de toute urgence, l’intervention de professionnels de la santé ou d’agents d’application de la loi parce qu’elle-même ou une autre personne est victime d’une urgence médicale ne peut être accusée ni être déclarée coupable d’une infraction prévue à l’article 4 (1) si la preuve à l’appui de cette infraction a été obtenue ou recueillie du fait de la demande de secours ou de sa présence sur les lieux.

La magistrate a mis le dossier en attente, le temps que les deux avocats et l’accusée puissent se voir et discuter de la situation.

Au retour, Me Inkel a indiqué à la juge Boillat que les accusations étaient retirées.

« Cet article de la loi a été inscrit afin d’empêcher que des gens qui se trouvent en situation de surdose meurent dans la rue pour éviter que la police ne vienne les aider », indique Me Boulianne.

Avant que l’accusée ne quitte la salle d’audience du Palais de justice de Chicoutimi, la juge Boillat a dit que la femme pouvait remercier le criminaliste qui a agi pro bono, donc gratuitement, dans cette affaire.