C’est à plusieurs que s’est effectuée la première pelletée de terre du Projet Weedon, qui représentera à terme un investissement de 200M$. Ignazio Scalia, président d’Icore et contracteur général, Erick Factor, président du c.a. de MYM Nutraceuticals, Rob Gietl, chef de direction, Fabian Garcia, directeur du Projet Weedon, Yann Lafleur, président d’une filiale de MYM, et Richard Tanguay, maire de la municipalité, étaient heureux que les travaux débutent.

Cannabis médical : coup d’envoi du projet de 200 M$ à Weedon

La première pelletée de terre du projet de construction de serres de cannabis médicinal à Weedon a été réalisée, mardi, en présence du président du conseil d’administration de MYM Nutraceuticals, Erick Factor, de son chef de direction, Rob Gietl, et du maire de la municipalité, Richard Tanguay. Dans un premier temps, deux bâtiments seront construits dont une serre modèle qui servira à appuyer la demande de certification auprès de Santé Canada, processus d’obtention de la licence qui est en cours. Ces travaux seront achevés d’ici la fin novembre 2018.

«Je suis heureux qu’enfin nous commencions la phase de concrétisation du projet. Depuis l’annonce de ce projet par MYM Nutraceuticals, j’ai rencontré souvent des gens sceptiques qui trouvaient ce projet d’investissement de 200 M$ dans la municipalité trop beau pour être vrai. Aujourd’hui, les sceptiques sont confondus et les travaux sont bel et bien amorcés», a lancé d’entrée de jeu le maire de Weedon.

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Le projet prévoit la création de 400 emplois directs. Dans un contexte de grande rareté de la main-d’œuvre, le maire avoue que la création de ces nouveaux emplois peut susciter des inquiétudes chez les entreprises de la région dont la croissance est déjà freinée par le manque de travailleurs disponibles. «On est conscient du problème et déjà, avec les organismes du milieu, je pense au CLD, à la SADC, à Emploi-Québec et aux commissions scolaires, on travaille de concert pour trouver des moyens pour rendre notre territoire plus attractif et s’assurer que personne n’aura d’impact négatif», a souligné M. Tanguay.

Fabian Garcia, directeur du Projet Weedon, a précisé que la municipalité comptait 2800 habitants, que le salaire annuel moyen de ces derniers était de 16 000$ et que le taux de chômage était un peu plus élevé que celui observé pour la province. «Nous tenterons d’aller chercher des gens qui ne sont pas actuellement sur le marché du travail. Et faire appel à de la main-d’œuvre immigrante est une option sur la table», a-t-il mentionné.

À ce jour, 3M$ ont été investis dans le Projet de Weedon, notamment 660 000$ pour l’achat du terrain de 329 acres où les 1,15 million de pieds carrés de serres de cannabis devraient être construits d’ici 2020 et 550 000$ pour l’achat plus tôt cette année de deux bâtiments qui hébergent les bureaux de l’entreprise à Weedon.

Pour sa part, Rob Gietl, a mentionné que l’entreprise construit actuellement trois installations de production de grande envergure au Canada et en Australie et rappeler que  les deux gouvernements, tant ceux du Québec que du Canada, retireront d’importants revenus fiscaux aux cours des années à venir.

Rappelons que MYM Nutraceuticals est une entreprise de Vancouver et qui se spécialise dans la production et la vente de cannabis médical sous différentes marques de commerce. L’entreprise est présente sur le Canadian Securities Exchange. Le titre MYM se transigeait à 1,64$ en date du 19 juin 2018 avec une valeur maximale 4,75$ au 20 décembre 2017 et une valeur minimale de 0,24$ au cours des 52 dernières semaines.

Un porte-parole gênant écarté du projet

Alors que les entreprises de production légale de cannabis médicinal déploient des efforts considérables pour ne pas être associées au crime organisé, La Presse + révélait en mars dernier le lourd passé du porte-parole, consultant et actionnaire de MYM Nutraceuticals, Antonio Bramante. Ce dernier, qui représentait l’entreprise dans de nombreux rassemblements visant à faire connaître le projet dans la région,  a plaidé coupable en 1993 à des accusations d’avoir mis en circulation de la monnaie contrefaite et d’avoir eu en sa possession une carte de crédit volée ou falsifiée, qui lui ont valu quatre peines de prison totalisant plus de 60 jours. En 1995 et 1996, il a aussi plaidé coupable à des accusations d’introduction par effraction et complot, ainsi qu’à des accusations de voies de fait, de menaces de mort et de non-respect de conditions, qui lui ont aussi valu des peines d’emprisonnement.

Ironiquement, M. Bramante avait la responsabilité chez MYM d’accumuler «toute la paperasse, dont tous les documents de vérification d’antécédents pour les personnes responsables qui gèrent l’entreprise», toujours selon La Presse.

À ce sujet, Daniel Nadeau, nouveau porte-parole de l’entreprise, s’est contenté de dire que M. Bramante n’était plus lié au projet et que les 18% d’actions qu’il détenait, via une entreprise à numéro, avaient été rachetées en date du 15 mai dernier.