Au lendemain de la sortie du maire Régis Labeaume, qui a invité mercredi les hommes à se soumettre à un test de dépistage du cancer de la prostate, des médecins tiennent à préciser que le dépistage systématique n’est plus recommandé depuis 2018.

Cancer de la prostate: le dépistage systématique n'est plus recommandé, rappellent des médecins

Au lendemain de la sortie du maire Régis Labeaume, qui a invité mercredi les hommes à se soumettre à un test de dépistage du cancer de la prostate, des médecins tiennent à préciser que le dépistage systématique n’est plus recommandé depuis 2018.

L’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) a en effet publié un avis à cet effet en janvier 2018, nous ont soumis des médecins à la lecture du reportage du Soleil. 

«Dans un premier temps, il est recommandé que le dépistage par l’APS [antigène prostatique spécifique] ne soit pas offert aux hommes de façon systématique», écrivait l’INESSS dans son rapport. 

Déjà, en 2013, le Collège des médecins recommandait de ne plus offrir ce test, faisant valoir qu’il n’y a aucun avantage au dépistage du cancer de la prostate par le dosage de l’APS en matière de réduction de la mortalité globale, et que les interventions qui sont pratiquées à la suite de ce dépistage comportent des risques importants.

Dans son rapport, l’INESSS explique qu’une grande proportion (20 à 50 %) des cancers ainsi dépistés sont indolents, c’est-à-dire qu’en raison de leur évolution lente, ils pourraient ne jamais se manifester, et les patients décéderaient d’une cause autre que le cancer.

Citant une étude, l’INESSS mentionne également que le risque de faux positif à la suite du dosage par l’APS est évalué à environ 18 %, et que la probabilité d’avoir un cancer lorsque le test est positif est évaluée à environ 24 %. 

Le dosage de l’APS, qui consiste en une simple ponction sanguine, est évidemment en soi un test sécuritaire. C’est la cascade des évaluations diagnostiques et des traitements qui en découle qui peut entraîner un risque pour le patient, explique l’organisme.

Effets indésirables

L’INESSS rappelle que ces traitements peuvent entraîner des effets indésirables chez une grande proportion d’hommes. Ainsi, environ 75 % des hommes traités par chirurgie ou par radiation seront atteints de dysfonction sexuelle, urinaire ou gastro-intestinale. 

Selon l’INESSS, le dosage de l’APS ne devrait donc être accessible qu’aux hommes asymptomatiques âgés de 55 à 69 ans ayant une espérance de vie de plus de 10 ans, qui en font la demande et qui ont été bien informés des avantages et des risques de cette démarche.

«Pour les hommes qui voudront toujours se prévaloir de ce test, il est important de prioriser un usage judicieux du dépistage du cancer de la prostate par le dosage de l’APS en réitérant que les hommes de 70 ans et plus ainsi que ceux dont l’espérance de vie ne dépasse pas 10 ans ne devraient pas avoir de dosage par l’APS à des fins de dépistage du cancer de la prostate», précise encore l’INESSS dans son avis. 

Si les hommes ayant des antécédents familiaux et les hommes noirs sont plus à risque de cancer de la prostate, aucune donnée ne permet de justifier une plus grande promotion du dépistage chez ces groupes d’hommes, selon l’organisme.