Marylène Lévesque est décédée dans des circonstances tragiques, l’hiver dernier. 
Marylène Lévesque est décédée dans des circonstances tragiques, l’hiver dernier. 

Campagne de financement ayant suivi le décès de Marylène Lévesque: où sont passés tous les 17 000$?

Laura Lévesque
Laura Lévesque
Le Quotidien
Le destin tragique de Marylène Lévesque, cette jeune femme assassinée dans un hôtel de Québec en janvier dernier, avait touché tout le Québec. Plus de 400 personnes ont fait un don à la campagne de financement participatif lancée par un des amis de la victime, Max Lance.

L’argent servait à payer les funérailles, mais le surplus devait être versé à l’Association des familles de personnes assassinées ou disparues (AFPAD)

L’entreprise funéraire responsable des obsèques a bel et bien été payée. Mais la facture ne s’élevait pas à 17 000 $. Selon ce qu’il a été possible d’apprendre, il en aurait coûté environ 10 000 $.

Directrice générale à l’AFPAD, Nancy Roy, confirme qu’aucun montant récolté en ligne, via la défunte plateforme One Dollar Gift, n’a été donné à son organisme. Elle n’a reçu que quelque 200 $ de la part du complexe funéraire, mais il s’agit d’argent amassé en personne, pendant les funérailles.

« On n’a rien reçu. Et on était déçu. C’était peut-être quelques milliers de dollars. Mais on est capable de faire des miracles avec quelques milliers de dollars. On ne court cependant pas après les gens. Mais le nom de notre organisme est tout de même attaché », laisse tomber Mme Roy.

Impossible de savoir pourquoi l’argent ne s’est pas rendu à destination. Le Quotidien n’a pas été en mesure de communiquer avec le responsable de la collecte, l’ami de la victime. La famille de Marylène Lévesque n’était pas derrière cette campagne.

Difficile aussi d’en savoir davantage sur la procédure de remise de fonds par la plateforme de financement participatif. One Dollar Gift, une plateforme québécoise, semble avoir cessé toutes ses activités il y a quelques mois. Créée en 2015 par Mathieu Chouinard, l’entreprise n’a plus de site Internet ni de page Facebook. Il est donc impossible de retourner sur les résultats des campagnes passées. Le Quotidien a tenté de s’entretenir avec M. Chouinard, mais en vain.

Cette plateforme, comme toutes les autres, dont GoFundme, prélevait des sommes sur chaque don, soit 4,9 %. L’organisation de financement participatif faisait affaire avec Paypal, qui devait aussi prélever une partie. Un calcul prudent permet de penser qu’un minimum de 5000 $ aurait dû être versé à l’AFPAD, dont la mission principale est de briser l’isolement vécu par les familles des victimes en offrant des ressources et des outils.

Les campagnes de financement dont les sommes vont à des organismes et qui sont lancées par des tiers gagnent en popularité, surtout en ligne. Une mode qu’il serait temps de mieux encadrer, croit Mme Roy, de l’AFPAD.

« C’est la nouvelle mode. Mais qui vérifie cela ? Personne n’est imputable. Il va falloir s’y pencher un jour ou l’autre », estime Nancy Roy.