Tristan s’est blessé après avoir été bousculé à la récréation lundi. Il est resté en classe pendant une heure avec le bras cassé.

Bras cassé à l'école: «c’est inadmissible»

TROIS-RIVIÈRES — Quand on demande à Tristan Blouin comment il se sent à l’école, sa réponse brise le cœur. «Je me sens inquiet», répond-il du haut de ses 9 ans. L’élève de l’école Sainte-Thérèse à Trois-Rivières est victime d’intimidation, selon sa grand-mère Pénélope Blouin. Mais la situation a atteint un sommet à la récréation lundi matin lorsqu’il a été poussé par terre par un enfant qui s’est ensuite laissé tomber sur son bras. Résultat: il a le bras cassé. Mais le pire pour Tristan, c’est que personne n’a cru qu’il avait mal. Il a vu quatre adultes en un peu plus d’une heure, et aucun ne serait intervenu, selon sa grand-mère. On lui aurait même demandé de continuer à travailler.

«Je savais que c’était grave, mais ils ne me croyaient même pas», raconte Tristan, qui est en 3e année.

Quand Pénélope Blouin est allée chercher son petit-fils à l’école Sainte-Thérèse, à Trois-Rivières, peu avant l’heure du dîner comme cela était déjà prévu, elle a tout de suite remarqué que quelque chose clochait. Personne ne l’avait pourtant avisée qu’un incident était survenu. «Il avait le bras tout croche. Ils ne m’ont pas appelée. Quelqu’un lui a mis son sac à dos parce qu’il n’a pas été capable de le faire lui-même et ils me l’ont envoyé de même. Personne ne m’a arrêté pour me dire qu’il s’était passé quelque chose. C’est lui qui me l’a dit. »

Tristan a rapidement réalisé qu’il se passait quelque chose d’anormal après avoir été poussé. «J’ai entendu un craquement. Ça m’a fait mal. Je ne pouvais même plus me relever. Ils [les adultes] ne pensaient pas que c’était grave. Ils m’ont même dit d’écrire après ça. Quand j’avais mal, ils me disaient de penser à autre chose.»

Sa grand-mère l’a conduit à la clinique où on a constaté sa fracture. Il a maintenant le bras immobilisé dans une attelle. Mme Blouin, qui élève son petit-fils, n’en revient pas de la réaction de l’école. «Ce n’est pas supposé se passer dans une école. C’est inadmissible», lance-t-elle. «Quatre personnes sont allées le voir. Quatre adultes. Tristan leur a dit qu’il avait mal et on lui a répondu de s’asseoir et de travailler. Il a été obligé de travailler pendant une heure.»

Elle ne comprend pas pourquoi elle n’a pas été avisée immédiatement de la situation. Elle a d’ailleurs porté plainte au protecteur de l’élève.

À la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, on admet qu’un incident s’est produit. «On reconnaît qu’il y a eu un certain délai dans la communication avec le parent, mais la direction a contacté le parent et la situation est prise en main. C’est un incident malheureux, mais personne n’a agi de mauvaise foi», explique Anne-Marie Bellerose, porte-parole. «C’est une équipe-école très compétente, très soucieuse, très à l’écoute de ses élèves. C’est vraiment un incident malheureux qui est arrivé», ajoute-t-elle.

Selon la Commission scolaire, ce qui s’est produit lundi n’est pas survenu dans un contexte d’intimidation. «C’est un incident qui est arrivé alors que des enfants jouaient sur la cour d’école. Ce n’est pas une situation d’intimidation et ce n’est pas une situation de violence. On a des mesures pour l’intimidation et la violence à l’école, et c’est respecté», assure Mme Bellerose.

Quant à Mme Blouin, elle se dit très insatisfaite de la réaction de la direction. Elle estime que la situation n’a pas été prise au sérieux. De plus, si tout se déroulait bien à l’école l’an dernier, elle affirme que son petit-fils est maintenant victime d’intimidation. «Ça fait depuis le début de l’année que je le dis qu’il y a de la violence à l’école, et on ferme les yeux. Il n’y a rien qui est fait. Maintenant, il a le bras cassé. On va attendre quoi?»

Elle se sent en colère et désemparée face à toute cette situation. «Il est tanné. Il n’arrête pas de le dire. Mais moi, je n’ai pas le choix de l’envoyer à l’école. Qu’est-ce que je fais? Je ne sais pas quoi faire», laisse-t-elle tomber, découragée.

Quant à Tristan, il est capable de bien décrire ce qu’il vit. «Je me sens comme si j’étais la cible de tout le monde.»