Chantal Bérubé, spécialiste en activité clinique et Véronique Dion, coordonnatrice de la garde psychosociale à la DPJ posent avec Brao, leur nouveau collègue à quatre pattes.

Brao au service des «petits cœurs» de la DPJ de l'Outaouais

Les employés de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) en Outaouais ont un nouveau « collègue à quatre pattes ». Du haut de ses 19 mois, le chien Brao peut être appelé à consoler des enfants, à les calmer ou même à les accompagner pour un témoignage en cour.

Le jeune labrador mâle n’a pas bronché, lundi matin, pendant la conférence de presse annonçant qu’il fait partie depuis le printemps de l’équipe d’intervention de la DPJ. En fait, les adultes ne l’intéressent pas trop. Il a plutôt « une attirance innée pour les enfants », a souligné Véronique Dion, coordonnatrice de la garde psychosociale à la DPJ régionale.

« C’est vraiment réservé aux petites mains et aux petits cœurs », a renchéri sa collègue Chantal Bérubé, spécialiste en activités cliniques.

Les deux employées ont la garde partagée de Brao. Depuis trois mois, le chien de soutien émotionnel qui a été entraîné pendant quatre mois par la Fondation Mira multiplie les interventions auprès de jeunes de la région.

Brao peut se promener en centre de réadaptation, se faire flatter par un ado aux prises avec des idées noires ou encore rassurer des enfants lors d’interrogatoires policiers.

« Il a aussi accompagné des enfants […] au tribunal, des moments anxiogènes pour de jeunes enfants qui doivent parfois parler d’événements traumatisants devant plusieurs inconnus », a mentionné Mme Dion. L’idée est venue d’une initiative mise en place par la sergente-détective Mélanie Bédard du Service de police de Sherbrooke, qui se balade avec le chien de soutien Kanak depuis trois ans. Ailleurs au Québec, certains chiens Mira travaillent en soins palliatifs ou en santé mentale, a donné en exemple Chantal Bérubé, qui souhaiterait « voir ce genre de projet se multiplier ».

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) a pu obtenir le soutien financier de la Fondation Santé Gatineau pour se lancer dans l’aventure. La directrice régionale de la DPJ, Michelyne Gagné, a rappelé que « plus de 6000 signalements » sont reçus chaque année dans la région, soit une douzaine par jour.

« Une partie de ces enfants vivent des situations de maltraitance qui mettent leur sécurité et leur développement en danger, a-t-elle mentionné. […] Certains d’entre eux ont dans leur vécu un niveau de souffrance qui est tel que la présence de l’adulte n’est pas suffisante pour leur permettre de cheminer. »

Devant le succès qu’a Brao auprès des jeunes, la présidente-directrice générale du CISSSO, Josée Filion, ne ferme pas la porte à ce que d’autres chiens de soutien se joignent un jour à d’autres équipes régionales.

« Ça fait partie des évaluations qu’on souhaite faire, parce que le constat qu’on fait, c’est vraiment très positif », a-t-elle indiqué.