La côte Salaberry présentait un défi pour bien des automobilistes, à Québec, mardi.

Bordée surprenante, mais pas inhabituelle [PHOTOS + VIDÉO]

La tempête de mardi en a pris plus d’un par surprise, ce n’est pourtant pas une situation exceptionnelle pour Québec. Rouler en pneus d’été dans de telles conditions? Une question de «gros bon sens».

Si les pneus d’hiver ne sont pas encore installés, il est préférable de rester à la maison jusqu’à ce que la chaussée redevienne sèche, pour ensuite se diriger vers le garage, conseille l’organisme CAA-Québec.  

«On est à la mi-novembre et si on regarde les données de météo, c’est clair que des conditions hivernales à ce temps-ci de l’année, ça arrive. C’est vraiment le temps des pneus d’hiver, c’est bien d’y penser assez tôt», insiste Pierre-Olivier Fortin, porte-parole de CAA-Québec.  

La loi veut que la date obligatoire pour les pneus soit le 1er décembre, moment où les policiers peuvent donner des constats d’infraction.

«Il faut bien comprendre ce que la date veut dire. Ça ne veut pas dire que c’est la date correcte pour les mettre. En réalité, il faudrait se fier sur notre gros bon sens, plutôt que sur la police. Mi-novembre maximum, ça devrait être fait. Et pour que ça soit fait, c’est d’y voir quand ce sont les feuilles qui tombent, et pas la neige», poursuit M. Fortin.

Mardi matin, il tombait 3 cm de neige par heure, compliquant le déneigement. Il s’est finalement accumulé entre 15 et 25 cm de neige sur la région de Québec.

L’an dernier, CAA-Québec avait fait une étude auprès de ses membres : une personne sur quatre n’avait pas encore ses pneus d’hiver à ce temps-ci de l’année 

«On ose croire qu’il y en a moins cette année, on a parlé beaucoup de la pénurie de main-d’œuvre dans les garages. [...] Nos pneus d’été vont perdre de l’adhérence par temps froid, ce n’est pas juste la neige, c’est vraiment la température.»

Le porte-parole suggère de garder en tête la température de 7 degrés Celsius. À partir de là, le véhicule devient plus difficile à manipuler, les pneus deviennent plus durs et se comparent à «des patins».  

«Il n’y a pas de pneu quatre saisons qui peut prétendre être sécuritaire pour nos quatre saisons au Québec», termine le porte-parole.

Certains semblaient s'être fait surprendre par la première bordée de neige, à Québec, mardi.

Record de froid

Le jour du Souvenir 2019 sera aussi la date où Québec a établi un nouveau record de froid. La plus basse température enregistrée pendant le jour était de - 4 °C. Il s’agit du mercure le plus bas à Québec pour un 11 novembre. L’ancien record était enregistré à - 2,8 °C... en 1973.

Autre que le froid, c’est plutôt la tempête qui a retenu l’attention. On parle d’une accumulation entre 15 et 25 cm de neige dans la région de Québec, plusieurs institutions scolaires ont fermé leurs portes dans la province. La neige aura principalement atteint en grande quantité le sud du fleuve Saint-Laurent. 

«Cette tempête de neige là n’est pas un record, on n’a pas besoin de retourner bien loin pour voir ça. En moyenne, on est un bon trois semaines en avance, mais ça fait partie de la variabilité climatique. Oui, c’est hâtif, ça n’arrive pas tous les automnes, mais on a déjà vu ça dans le passé», soulève le météorologue pour Environnement Canada, Alexandre Parent.

Les déneigeuses étaient à l'œuvre à Québec, mardi.

M. Parent note les 21 cm de neige au sol le 6 novembre 1990 comme exemple. Pour illustrer une vraie «situation exceptionnelle», il rappelle les 20 cm de neige tombés au sol un 19 octobre, en 1952. Habituellement, il est vrai que le tapis blanc s’installe dans la première semaine de décembre.

«Ça nous prend un peu par surprise en termes de préparation, les pneus ou la pelle... Mais ce n’est pas inhabituel.»

Est-ce que ce tapis blanc restera bien installé au sol? «C’est encore possible qu’on revoie du gazon, mais il y a plus de probabilités que la neige reste au sol. Il y aura un réchauffement dans les prochaines semaines, s’il s’étire sur une longue période, avec des précipitations de pluie, il n’est pas impossible qu’elle disparaisse. Ça reste un bon couvert», termine M. Parent.

Le retour de la gadoue au centre-ville de Québec.