Une usine Bombardier à Montréal

Bombardier vend ses usines de Belfast et de Casablanca à Spirit

MONTRÉAL - Alors qu’elle continue à se pencher sur les contrats problématiques qui pèsent sur sa division ferroviaire, Bombardier vend ses usines situées à Belfast et Casablanca dans le cadre de son virage vers les avions d’affaires.

Évoqué comme acquéreur potentiel, Spirit Aerosystems mettra la main sur ces sites mis en vente plus tôt cette année dans le cadre d’une transaction de 1,2 milliard $ US, dont 500 millions $ US en espèces.

«Cela constitue un autre jalon dans le cadre de nos efforts visant à bâtir une (division aéronautique) efficace et forte», a expliqué jeudi le président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, au cours d’une conférence téléphonique avec les analystes.

La transaction, qui comprend également une usine à Dallas, a été annoncée alors que le constructeur d’avions et de trains a dévoilé des résultats du troisième trimestre légèrement inférieurs aux attentes. L’entreprise a notamment pigé davantage dans ses liquidités.

Néanmoins, l’action de Bombardier a grimpé de sept cents, ou 4,4 pour cent, pour se négocier à 1,66 $, jeudi, à la Bourse de Toronto, notamment parce que la société a gardé le cap sur ses prévisions pour 2019.

Lorsque la transaction sera conclue, au cours de la première moitié de 2020, la société américaine Spirit continuera de fabriquer les ailes de l’A220 d’Airbus en plus de fabriquer des pièces pour les jets d’affaires Learjet, Challenger et Global.

Bombardier avait mis la main sur les installations de Belfast, où travaillent quelque 3600 personnes, en 1989, alors qu’à Casablanca, l’usine de 300 employés fonctionne depuis 2015.

Walter Spracklin, de RBC Marchés des capitaux, a estimé que la transaction était positive, puisque si l’on savait que l’entreprise québécoise voulait se départir de ces usines, on ignorait le prix qui serait obtenu.

«Nous estimons que le prix de 1,2 milliard $ US est bon, a-t-il souligné dans une note. Cela permettra à la société de se concentrer davantage sur le matériel roulant et les jets d’affaires.»

La vente de ces usines survient alors que Bombardier a quitté l’aviation commerciale en cédant notamment son programme d’avions à hélices Q400 à Viking Air en plus de vendre ses avions régionaux CRJ à Mitsubishi.

Dans le rouge

Pour la période de trois mois terminée le 31 septembre, Bombardier a affiché une perte nette de 91 millions $ US, ou six cents US par action, par rapport à un bénéfice de 149 millions $ US, ou quatre cents US par action, à la même période il y a un an.

Ses recettes se sont établies à 3,7 milliards $ US, en hausse de deux pour cent, ou de huit pour cent si l’on tient seulement compte des activités poursuivies de la société.

Bombardier a également utilisé 682 millions $ US en liquidités au cours du trimestre en raison d’une augmentation de la cadence de production de son avion d’affaires Global 7500 et du report de certaines livraisons de matériel roulant au quatrième trimestre, ce qui retarde les paiements. C’est presque deux fois plus que ce à quoi les analystes s’attendaient.

On croit pouvoir tourner la page sur d’importants contrats à Toronto, New York et Londres d’ici la fin de l’année. Des progrès sont réalisés en Suisse avec les Chemins de fer fédéraux suisses, alors que le projet Lotrain à Londres débordera jusqu’au début de la prochaine année.

«Bien entendu, il y a encore beaucoup de travail à faire et encore une certaine volatilité, a dit M. Bellemare. La reprise se fera graduellement au cours des 12 prochains mois.»

Malgré tout, en ce qui a trait à l’exercice 2019, qui se termine à la fin décembre, Bombardier a maintenu sa prévision en matière de consommation de ses flux de trésorerie, qui devrait être de 500 millions $ US.

L’entreprise prévoit générer des flux de trésorerie de 1,6 milliard $ US au quatrième trimestre, une cible jugée ambitieuse, mais pas impossible à atteindre, selon Cameron Doerksen, de la Financière Banque Nationale.

«Bombardier devrait livrer (une dizaine) de Global 7500, ce qui n’était pas le cas l’an dernier, a observé l’analyste dans un rapport. Nous croyons que cela pourrait générer entre 200 millions $ US à 300 millions $ US de plus.»

Abstraction faite des éléments non récurrents, la perte ajustée de la multinationale s’est chiffrée à 55 millions $ US, ou quatre cents US par action, comparativement à un bénéfice ajusté de 167 millions $ US, ou quatre cents US par action, au troisième trimestre l’an dernier.

Les analystes sondés par la firme de données financières Refinitiv tablaient sur des revenus de 4 milliards $ US ainsi qu’une perte ajustée par action de trois cents US.