Jonathan Bettez était présent au palais de justice de Trois-Rivières, vendredi matin.

Bettez: la requête est acceptée

Jonathan Bettez a finalement obtenu le droit de ne pas assister à son enquête préliminaire en raison de ses problèmes de santé.

À la surprise de tous, l’individu de 37 ans qui fait face à des accusations en matière de pornographie juvénile a d’ailleurs fait une courte apparition au palais de justice de Trois-Rivières vendredi matin. C’est la deuxième fois qu’il se pointait devant le tribunal depuis sa comparution en août 2016. Il a ainsi indiqué au juge Jacques Lacoursière qu’il souffrait de problèmes de santé et qu’il devra être hospitalisé à compter de dimanche, et ce, pour quatre jours et même plus au besoin.

Il a aussi déclaré sous serment qu’il acceptait d’être dispensé de son obligation d’être présent à son enquête préliminaire fixée du 11 au 15 décembre. Par le fait même, il a dit comprendre la nature et les implications de sa décision et il a renoncé formellement à exercer tout recours découlant de son absence devant toute instance judiciaire. Cela implique notamment que lors d’un éventuel procès, la preuve présentée lors de l’enquête préliminaire pourra être admise au même titre si un témoin s’avère alors indisponible.

Du même coup, il a confirmé qu’il ne voulait pas que son enquête soit reportée pour ne pas créer des délais additionnels.

À la lumière de ces informations, le juge Jacques Lacoursière, qui présidera les audiences, a accueilli la requête qui avait été déposée le 30 novembre dernier par l’avocat de Bettez, Me Marc-Antoine Carette. Il a pris soin de rappeler que les motifs de santé invoqués par Bettez auraient pu suffire à reporter cette enquête à une date ultérieure. Or, ni le prévenu ni la poursuite ne veulent d’une remise.

Règle générale, un prévenu doit assister à son enquête préliminaire, mais il existe des dispositions dans le Code criminel qui prévoient des exemptions. L’objectif d’une enquête préliminaire est de déterminer si la preuve est suffisante pour justifier la tenue d’un procès. Dans le cas présent, le renvoi au procès n’est pas contesté sur la première série d’accusations portées contre Bettez en août 2016, soit la possession, la distribution et l’accession à de la pornographie juvénile entre le 4 novembre 2009 et le 30 septembre 2013. Il devrait donc y avoir un procès sur ces six chefs. Par contre, Me Carette conteste la deuxième série d’accusations pour possession et accession à de la pornographie juvénile entre le 30 septembre 2013 et le 29 août 2016.

Il semble donc que Bettez souffre d’insuffisance rénale terminale. Le 9 novembre 2017, il aurait été hospitalisé afin de subir une intervention chirurgicale visant la mise en place d’un cathéter pour dialyse péritonéale, ce qui nécessiterait une période de guérison d’un mois. Il sera de nouveau hospitalisé le 10 décembre afin d’amorcer une dialyse, ce qui le rendrait incapable d’assister à cinq jours d’audiences.

Contrairement à sa comparution le 30 août 2016, qui avait attiré une cinquantaine de personnes au palais de justice et qui lui avait valu de nombreuses insultes, son passage en cour vendredi matin sous escorte policière s’est fait dans le plus grand calme. En fait, la salle d’audience était presque vide. Il est vrai que la requête a été présentée 15 minutes avant l’heure habituelle des audiences. Et à l’extérieur, il n’y avait personne. Cependant, le nombre de constables spéciaux avait été augmenté à l’intérieur du palais de justice et des policiers de Trois-Rivières avaient été appelés en renfort à l’extérieur afin d’éviter tout débordement.

Même si Jonathan Bettez est considéré comme un suspect dans l’enlèvement et le meurtre de Cédrika Provencher, il n’a jamais été accusé dans ce dossier.