Barrick Gold et Newmont ont déjà cherché à fusionner dans le passé, et la dernière tentative remonte à 2014. L'opération avait alors échoué au dernier moment, car les deux géants miniers n'étaient pas arrivés à s'entendre sur la gouvernance de la nouvelle entité et sur la localisation du siège social : à Toronto, domicile de Barrick, ou Denver, celui de Newmont.

Barrick Gold à l'assaut de Newmont pour créer un géant de l'or

La course au gigantisme est lancée dans le monde de l'or, après l'annonce lundi par le Canadien Barrick Gold d'une offre hostile sur son concurrent américain Newmont, qui pourrait donner naissance à un mastodonte pesant plus de 40 milliards de dollars en Bourse.

Barrick, actuel numéro un mondial du métal jaune, propose un échange d'actions au terme duquel ses propres actionnaires détiendraient environ 55,9 % de la nouvelle entité créée, et ceux de Newmont, son dauphin, 44,1 %.

Une action Newmont donnerait droit à 2,5694 actions de Barrick, selon l'offre publique d'achat (OPA) hostile lancée par le groupe canadien, c'est-à-dire sans accord préalable de son rival. L'offre valorise Newmont à environ 18 milliards de dollars.

Le groupe canadien avait fait part la semaine dernière de sa convoitise pour son éternel rival américain, au moment où ce dernier menaçait de lui ravir sa place de leader mondial.

Newmont veut en effet débourser 10 milliards de dollars pour racheter un autre grand nom du secteur, le canadien Goldcorp, ce qui lui permettrait de ravir à Barrick Gold sa place de leader.

Newmont a indiqué dans un communiqué qu'il comptait «évaluer la proposition de Barrick et y répondre au moment opportun», mais que sa priorité restait pour l'instant de boucler l'acquisition de Goldcorp. Les actionnaires de Goldcorp doivent se réunir en assemblée le 4 avril pour voter sur cette proposition.

Le président de Barrick, Mark Bristow, a défendu la proposition de son groupe. «Une combinaison de Barrick et Newmont représenterait une occasion unique, comme il n'en existe qu'une fois dans une vie, de créer un leader sans rival dans le secteur de l'or, et de générer une valeur significative, et même sans précédent dans notre industrie, pour les actionnaires», a-t-il écrit dans un courrier adressé à Newmont.

L'offre de Barrick n'est assortie d'aucune prime, une décision que M. Bristow a justifiée par le fait que la nouvelle entité permettrait de réaliser des économies d'échelle totalisant plus de 7 milliards de dollars.

«La prime, ce sont les synergies», a-t-il lancé lors d'une téléconférence avec des analystes. Ces éventuelles synergies, a-t-il ajouté, valorisent «dans les faits» l'action Newmont à 41 dollars.

Investisseurs peu enthousiastes

Ces synergies seraient accomplies en unissant notamment les actifs «très complémentaires» des deux groupes dans l'État américain du Nevada, «l'endroit dans le monde avec le plus grand potentiel pour extraire de l'or», a-t-il dit.

Barrick estime pouvoir boucler une éventuelle acquisition de Newmont à l'automne, mais devrait dans ce cas payer une pénalité de 650 millions de dollars à Goldcorp.

Les investisseurs ne semblent pas avoir été convaincus par la proposition du Canadien : l'action de Barrick a cédé 3,26 % en Bourse lundi à New York à 12,61 dollars, tandis que celle de Newmont a perdu 1,04 %, à 36,10 dollars.

Barrick et Newmont ont déjà cherché à fusionner dans le passé, et la dernière tentative remonte à 2014. L'opération avait alors échoué au dernier moment, car les deux géants miniers n'étaient pas arrivés à s'entendre sur la gouvernance de la nouvelle entité et sur la localisation du siège social : à Toronto, domicile de Barrick, ou Denver, celui de Newmont.

Si l'offensive lancée par Barrick aboutit, elle verrait naître un géant mondial de l'or et du cuivre, disposant de mines en Amérique latine, aux États-Unis, en Afrique et en Australie.

Un éventuel rapprochement entre Barrick et Newmont constitue un épisode de plus dans le mouvement de consolidation en cours dans l'industrie aurifère, alors que les gisements à forte teneur se font plus rares et que les coûts d'exploration augmentent.

Les prix de l'or évoluent en dents de scie depuis la fin de la flambée des cours en 2013, et les producteurs cherchent depuis à réduire leurs coûts opérationnels en opérant à grande échelle.

En décembre dernier, Barrick avait ainsi avalé son concurrent britannique Randgold.

Mais cette association ne suffit pas au Canadien pour maintenir sa suprématie : en 2017, Newmont et Goldcorp, futurs alliés, avaient au total produit 7,9 millions d'onces d'or, quand Barrick et Randgold réunis en avaient extrait 6,6 millions.