Victime d’une attaque de chiens d’une rare violence, Dominique Alain a subi des blessures tellement graves qu’elle aura besoin de prothèses et qu’elle ne pourra sans doute plus pratiquer en position debout certains sports qu’elle chérissait.

Attaquée par des chiens : sa vie ne sera plus jamais la même

Victime d’une attaque de chiens d’une rare violence, Dominique Alain a subi des blessures tellement graves qu’elle aura besoin de prothèses et qu’elle ne pourra sans doute plus pratiquer en position debout certains sports qu’elle chérissait, dont le tennis. Son conjoint, Leo Joy, assure toutefois que son état s’est amélioré ces dernières semaines. « Elle a une grande détermination. C’est une personne très forte », affirme-t-il.

Mme Alain a déjà été opérée à neuf reprises depuis qu’elle a été attaquée par trois chiens qui appartenaient à Allen Barnes, un résident du Canton de Potton, le 29 mars dernier. Elle retournera sur la table d’opération une nouvelle fois, à court terme, et elle aura sans doute besoin de chirurgies supplémentaires durant les prochaines semaines ou mois.

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La victime de l'attaque de chiens restera handicapée

« Bien qu’elle ait plein de défis devant elle à cause de son état de santé, ça fait environ une dizaine de jours que Dominique est sortie des soins intensifs, révèle Leo Joy, en rappelant que sa femme a frôlé la mort. Elle doit avoir une autre chirurgie bientôt, mais on espère que ce sera la dernière avant un bout de temps. »

Originaire des États-Unis, M. Joy habite dans le secteur de Potton avec sa conjointe. Le couple avait une vie bien remplie et gratifiante avant l’attaque du 29 mars dernier. Tout a cependant basculé pour lui ce jour-là.

Selon les informations fournies par le conjoint de la victime, cette dernière n’aura plus les mêmes capacités qu’auparavant avec ses bras et ses jambes, lesquels lui ont notamment servi à se défendre lors de l’attaque. La raison? Les trois chiens ne lui ont pas seulement arraché de longs morceaux de chair, mais également des muscles.

Leo Joy est le conjoint de Dominique Alain, qui a été victime d’une violente attaque de chiens à Potton en mars dernier.

« Elle aura besoin de prothèses pour faire certaines choses, dont marcher. On adaptera notre maison à sa nouvelle réalité. On ne sait pas tout ce qui devra être fait comme travaux dans notre résidence. Par contre, je m’attends à ce que ça dépasse les 50 000 $, qui est l’objectif de la campagne de financement lancée pour aider Dominique. C’est préoccupant pour nous cette question-là », admet M. Joy.

S’il est conscient que sa conjointe vivra avec des limitations non négligeables, Leo Joy est forcé de constater que cette dernière pourrait surprendre quand elle aura terminé sa phase de réadaptation. « On espère qu’elle commencera sa véritable période de réadaptation physique d’ici un mois. Cela dit, malgré qu’elle n’en soit pas encore là, elle fait déjà des choses que les gens à l’hôpital croyaient terminées pour elle. »

Dominique Alain

Jusqu’à présent, la campagne de financement démarrée par Reginald Gauthier, sur le site internet Go Fund Me, a permis d’amasser quelque 25 000 $.

« On est très content du support qu’on reçoit de plein de gens. La campagne de financement initiée par M. Gauthier nous est évidemment très utile parce qu’elle nous permet de nous concentrer sur la guérison plutôt qu’autre chose », note M. Joy.

Par les temps qui courent, celui-ci parcourt plus de 200 kilomètres par jour simplement pour aller voir sa conjointe et revenir chez lui ensuite. Il effectue l’aller-retour entre Potton et Sherbrooke deux fois par jour afin d’offrir le maximum de soutien à sa tendre moitié.

Les chiens dangereux

Sans surprise, Leo Joy se montre déterminé à lutter pour que les autorités compétentes assument pleinement leurs responsabilités en ce qui concerne les chiens dangereux dans le futur.

« Les inondations qui sont en cours dans différentes régions du Québec semblent avoir ralenti le dossier des chiens dangereux à l’échelle provinciale. Puis, à Potton, on dirait que la question de la présence des véhicules hors route sur les chemins municipaux est devenue la grande priorité. Mais je m’attendrais à ce que les administrations publiques soient capables de traiter plus d’un dossier à la fois », note-t-il.

Favorable à un resserrement des règles, M. Joy estime que les chiens dangereux constituent un enjeu de sécurité publique. « Pourquoi est-ce qu’on donne des contraventions aux gens roulant à 70 kilomètres à l’heure dans une zone scolaire et qu’on serait laxiste avec ce genre d’animal? Vous savez, la prochaine fois, ce pourrait être un enfant la victime et les conséquences risqueraient alors d’être plus graves encore. »

La solution, d’après lui, ce serait que le rôle de chacun soit clairement défini. « Il faudrait que ça devienne plus facile pour les gens de porter plainte quand un animal a un comportement agressif et que les plaignants soient mieux protégés », propose-t-il.

Dans la foulée, il suggère la mise en place d’un registre pour les blessures causées par des chiens, une idée aussi défendue par le député d’Orford, Gilles Bélanger. « Ce serait relativement simple dans le monde ultra-branché dans lequel on évolue aujourd’hui. Mais c’est sûr que ça prendrait la collaboration des policiers, des municipalités et des médecins », reconnaît Leo Joy.

Enfin, celui-ci émet l’idée qu’on force tout propriétaire de chiens à contracter une assurance spéciale pour sa ou ses bêtes. « Et, si ça mène au retrait de certaines races, bien il faudra simplement l’accepter. »