Le professeur en univers social de l’école secondaire Marcelle-Mallet à Lévis, Jean-François Gosselin, a réussi à intéresser des milléniaux à ce qui s’est passé pendant la Guerre de la conquête et la défaite des Français grâce au jeu «Minecraft».

Apprendre l’histoire grâce à un jeu vidéo

Le professeur en univers social de l’école secondaire Marcelle-Mallet à Lévis, Jean-François Gosselin, a intégré les jeux vidéo dans son enseignement, une source de motivation et de réussite pour ses élèves. À ce titre, il recevra fin janvier le Prix d’histoire du Gouverneur général pour l’excellence de son enseignement.

Comment intéresser des milléniaux à ce qui s’est passé pendant la Guerre de conquête et la défaite des Français? Pour des gamins de 15 ans qui vivent dans un monde numérique, le XVIIIe siècle peut paraître très très loin. Pourtant, l’histoire permet de comprendre le monde actuel et l’évolution de la société québécoise.

Jean-François Gosselin a donc eu l’idée, l’an passé, d’intégrer la version éducative de la plateforme de jeu vidéo Minecraft à son enseignement en proposant à ses élèves de troisième secondaire de reconstituer une scène de la Guerre de la conquête. «Les jeux vidéo ont un côté immersif. Les élèves développent une certaine empathie historique, c’est-à-dire qu’ils ressentent comment les gens de l’époque vivaient et les choix qu’ils ont pu faire. Le jeu permet d’entrer dans la peau d’un personnage historique», a-t-il expliqué. 

Pour l’aider dans sa démarche, il a fait appel à un expert en technologie éducative, candidat à la maîtrise de l’Université Laval. Les élèves devaient donc construire par la modélisation 3D un décor et mettre des personnages. «Ils ont développé un certain niveau d’abstraction et ils ont dû apprendre à travailler en équipe», a-t-il souligné. Et pour arriver à recréer la scène et comprendre pourquoi les Français ont perdu face aux Anglais, les élèves ont dû également réaliser de nombreuses recherches et faire preuve de créativité. «Ils ont découvert que les Français étaient moins bien équipés. Comme dans le jeu, il n’y a pas de fusils, mais des épées, ils ont eu l’idée de mettre des épées en or aux Anglais et des épées en bois aux Français», a indiqué le professeur d’univers social. 

Des élèves motivés 

À travers ce projet, les élèves ont donc réalisé un véritable travail d’historien. «Ils ont trouvé ça difficile. Entre la recherche, les questions qu’ils devaient se poser, et la collaboration entre eux, ils ont dû travailler fort pour réussir», a-t-il fait valoir. 

Mais l’attractivité de l’apprentissage par le jeu vidéo a permis aux élèves, même ceux avec des difficultés académiques de franchir les obstacles et d’aller au bout du projet. «J’ai des élèves qui avaient des difficultés académiques, mais qui étaient des experts du jeu vidéo. Ils ont montré beaucoup de choses aux autres élèves, et moi-même, j’ai appris certaines fonctionnalités du jeu que je ne connaissais pas. C’était enrichissant pour moi et pour les élèves, cette collaboration», a-t-il insisté. 

Selon M. Gosselin, cette façon d’enseigner moins théorique permet aux élèves de mieux atteindre les objectifs. Bien sûr, à condition d’utiliser «la technologie de manière intelligente». «On ne jouait pas à un jeu vidéo, le projet était vraiment de rendre l’étude de l’histoire plus significative pour les élèves et donner un sens à l’histoire. Ce que je veux, c’est qu’ils développent leur sens critique pour en faire de meilleurs citoyens de demain», a-t-il confié. «Je voulais qu’ils comprennent les choses plutôt qu’ils connaissent par cœur toutes les dates et les noms», a-t-il poursuivi. 

«Les élèves sont fiers du travail accompli. Cette année, mes élèves de troisième secondaire étaient déjà au courant du projet et ils m’ont demandé assez vite à partir de quand on allait travailler dessus», a-t-il raconté en rigolant. 

M. Gosselin travaille également avec ses élèves de troisième secondaire sur de l’impression en 3D d’artefacts, en collaboration avec le Musée de la civilisation, afin de pouvoir les manipuler.