Le ministre de l’Agriculture, Laurent Lessard, et le président de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec, Serge Beaulieu, ont inauguré mardi la 15e saison des sucres au parc du Bois-de-Coulonge.

Appel à l’aide pour exporter le sirop d'érable

À l’aube de la nouvelle saison des sucres, la Fédération des producteurs acéricoles du Québec regarde au loin, vers l’Europe et l’Asie, en quête de nouveaux marchés à conquérir. Et demande des subsides gouvernementaux pour financer ses ambitions.

«On investit pour faire connaître le produit un peu partout. On a investi dernièrement au Royaume-Uni, en Allemagne, en Inde», indique Serge Beaulieu, président de la Fédération. «On fait des efforts considérables pour agrandir notre marché.»

Il faut dire que l’industrie vise haut. Des ventes «record» de 118 millions de livres de sirop québécois auraient été réalisées en 2017. Et l’objectif est de grimper à 185 millions de livres d’ici 2023.

M. Beaulieu perçoit donc des opportunités dans la conclusion d’accords commerciaux avec l’Europe et l’Asie qui ont permis d’éliminer des barrières. Des marchés qu’il pourrait déjà alimenter, la Fédération ayant accumulé une réserve considérable de 98 millions de livres après une saison exceptionnelle; 300 millions $ de sirop prêt pour la vente.

Le ministre de l’Agriculture, Laurent Lessard, salue les visées et promet une aide gouvernementale. «Quand il y a une croissance anticipée, ils ont besoin d’assistance pendant la croissance», dit-il.

«Avances» de 50 millions $

Québec a déjà versé des dollars aux producteurs. Environ 50 millions $ cette année. Des «avances», dit le ministre, qui permettent de financer le début de la saison.

Le fédéral participe également au financement de l’industrie, notamment pour la promotion internationale du produit.

Mais les producteurs demandent plus. Et Laurent Lessard répond présent, entre autres pour épauler le développement du marché asiatique. «L’Asie-Pacifique, avec le nouvel accord, ça nous donne un avantage stratégique. Le sirop américain n’y sera pas sur les mêmes marchés de concurrence étant donné que les Américains se sont retirés de cette entente-là. Les Asiatiques recherchent ce sucre fin là. C’est pour ça qu’on va aider la fédération.»

Pénurie de main-d’œuvre

La croissance de l’industrie sera toutefois freinée par le manque de main-d’œuvre, note Serge Beaulieu. Les quelque 7500 producteurs peineraient à recruter des travailleurs prêts à s’investir durant la courte saison. Il évoque même une pénurie forçant le recrutement au sud. «Il commence à y avoir des travailleurs étrangers.»

Au fait, le consommateur paiera-t-il son sirop plus cher cette année? La ressource étant abondante, les prix seront stables, annonce-t-il.

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LES SUCRES AU PARC DU BOIS-DE-COULONGE

Pour une 15e année, l’ancienne cabane à sucre du lieutenant-gouverneur du Québec, au parc du Bois-de-Coulonge, accueillera les amateurs durant trois fins de semaine, du 24 mars au 8 avril. Les profits sont remis à la Fondation de l’école Saint-Michel qui accueille des enfants autistes. Une première cabane a été érigée sur le site en 1944, puis l’actuel bâtiment l’a remplacée en 1962. À l’époque, plus de 2000 érables du domaine étaient entaillés. Aujourd’hui, le sirop est plutôt acheté en gros barils.