Jocelyn Thibault et Gilles Courteau

Allégations: « Une situation que l’on prend très au sérieux » — Gilles Courteau

La LHJMQ veut faire la lumière, rapidement, sur les allégations d’initiations dégradantes formulées par l’ancien joueur russe du Phœnix de Sherbrooke, Yaroslav Alexeyev, dans une entrevue accordée et publiée samedi sur le site Internet russe Sports-Express.

Ces révélations se sont répandues comme une traînée de poudre sur les médias sociaux, depuis samedi soir, et ont provoqué une véritable onde de choc.

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Même si l’organisation du Phœnix a émis un communiqué dénonçant les affirmations formulées par Alexeyev, et même si ce dernier a indiqué à La Tribune que ses propos avaient été mal traduits par une application web, la LHJMQ veut aller au bout des choses.

Et elle doit le faire, martèle Gilles Courteau.

« Il faut prendre cet événement, ces déclarations, très au sérieux. Ce que décrit le joueur est une situation qui implique des mineurs, en partie. On va d’abord faire nos devoirs et mener l’enquête », a dit le commissaire.

Yaroslav Alexeyev, qui a évolué avec le Phœnix de Sherbrooke lors de ses deux premières saisons dans la LHJMQ, affirme qu’il a assisté à des initiations dégradantes. 

Le joueur russe maintenant âgé de 20 ans mentionne que lors du party d’initiation des recrues, ces derniers devaient porter une couche pour adulte, et qu’ils devaient prendre cinq verres de bière. Le dernier à le faire devait boire cinq portions de vodka, en plus.

Le Russe dit aussi que les recrues devaient placer un biscuit entre leurs fesses et courir autour de la maison où se tenait l’initiation. Le dernier arrivé de la course devait manger son biscuit et au bout de l’événement, tout le monde devait faire de même.

« Je sais que Jocelyn (Thibault) a parlé avec beaucoup de joueurs et de personnes de son équipe, qui auraient pu être concernés par ces événements, à l’époque. Il m’a fait un rapport, qu’il m’a remis dimanche soir. Maintenant, on doit y aller par étape. »

Pas de délais précis

S’il veut que le dossier soit traité rapidement, Gilles Courteau refuse d’y apposer un échéancier bien précis. Et encore moins de parler de recommandations possibles. Du moins, pour l’instant.

« Je ne veux pas mettre de délais, mais on ne veut pas s’éterniser. Pour valider les témoignages, on doit retrouver certains anciens joueurs afin de recouper les informations. Je quitte pour Toronto pour trois jours, pour des réunions de la Ligue canadienne de hockey (LCH) mais le dossier va cheminer malgré tout. »

« Je ne veux pas prédire la conclusion du rapport, mais ce genre de situations, c’est un volet qui est répété annuellement aux joueurs, en ce qui concerne les fêtes ou les intégrations. On a un code d’éthique et une politique antidiscriminatoire et toutes nos équipes sont bien au fait de ça, et elles informent les jeunes régulièrement à ce propos. Toutes activités qui peut porter atteinte à l’intégrité d’un individu, ou susceptible de le déranger, sont interdites. Ça fait plus de 15 ans qu’on a aboli les initiations qui pouvaient être dégradantes », a continué Gilles Courteau.

Thibault a fait ses devoirs

Le commissaire de la LHJMQ Gilles Courteau, de même que le directeur général du Phœnix Jocelyn Thibault, ont multiplié les conversations, depuis dimanche.

« Le commissaire m’a demandé un rapport à ce sujet. J’ai donc assemblé un document qui comprend les témoignages de plusieurs intervenants et j’ai transféré le tout à la ligue, dès dimanche soir », a indiqué Jocelyn Thibault.

« La ligue va faire enquête dans ce dossier et j’imagine qu’il y aura un suivi rapide. Du moins, c’est ce que l’on souhaite. »

« Je connais l’histoire, et c’est à la ligue de gérer ça. Je sais plein de choses, maintenant. Je suis dérangé par la proportion qu’a prise cette histoire. C’est très décevant, mais je n’en dirai pas plus. Je ne suis vraiment pas content. »