Commandant de l’Armée canadienne, le lieutenant général Jean-Marc Lanthier a été appelé à devenir le nouveau vice-chef d’état-major de la Défense.

Affaire Norman : un autre remaniement au ministère de la Défense

Les retombées de l’échec de la poursuite contre le vice-amiral Mark Norman se sont poursuivies vendredi, quand le ministère de la Défense a annoncé un nouveau remaniement dans ses rangs, incluant la nomination d’un nouveau commandant en second.

Commandant de l’Armée canadienne, le lieutenant général Jean-Marc Lanthier a été appelé à devenir le nouveau vice-chef d’état-major de la Défense, le quatrième officier à occuper ce poste depuis la suspension de M. Norman en janvier 2017.

M. Lanthier succède au lieutenant général Paul Wynnyk, qui a lié sa démission surprise mardi à une tentative avortée de réintégrer M. Norman en tant que vice-chef après l’abandon de l’affaire d’abus de confiance contre lui, en mai.

M. Lanthier a pris le commandement de l’armée l’an dernier. Ce poste passera maintenant au lieutenant général Wayne Eyre, qui venait d’être nommé, le mois dernier, chef du personnel militaire, soit le plus haut responsable des ressources humaines des Forces.

Ces deux changements ont eu un effet domino plus loin dans la chaîne de commandement, puisque le ministère de la Défense a indiqué que quatre autres officiers supérieurs étaient mutés pour pourvoir des postes.

Bien que les rangs supérieurs de l’armée soient susceptibles de changer chaque année à mesure que les officiers plus âgés prennent leur retraite et que de nouveaux leur succèdent, le rythme s’est accéléré depuis la suspension de M. Norman en tant que vice-chef d’état-major de la Défense (VCEMD).

Le taux de remplacement au bureau du vice-chef est particulièrement inquiétant aux yeux de nombreux observateurs, compte tenu de l’importance de ce poste, qui est responsable d’une grande partie de la supervision financière et de la gestion quotidienne des Forces.

« La position du VCEMD est censée être le dépositaire essentiel des ressources, a souligné l’analyste David Perry, de l’Institut canadien des affaires mondiales. Et il est difficile de le faire efficacement, peu importe la qualité des personnes que vous mettez à ces postes, si vous avez des personnes qui n’y restent pas même deux ans. »

Plusieurs observateurs croyaient que M. Wynnyk resterait en poste après l’annonce d’une entente à l’amiable entre le gouvernement et M. Norman, le mois dernier, parallèlement au projet de retraite de M. Norman.

Mais c’était avant la démission surprise de M. Wynnyk, plus tôt cette semaine. Dans sa lettre de démission, qui a fait l’objet d’une fuite et a déclenché une controverse, M. Wynnyk écrivait que lorsqu’il avait été nommé vice-chef d’état-major de la Défense en juillet 2018, le chef d’état-major de la Défense, le général Jonathan Vance avait insisté pour qu’il s’agisse d’un engagement de deux ans.

Précédemment, M. Wynnyk avait effectué plusieurs remplacements alors que l’armée attendait que l’affaire d’abus de confiance de M. Norman soit jugée par les tribunaux. M. Wynnyk avait déjà prévu de prendre sa retraite cet été.

Mais M. Vance a demandé à M. Wynnyk de céder sa place à M. Norman en prenant sa retraite après l’abandon de l’affaire d’abus de confiance - seulement pour lui demander de rester après que le gouvernement et M. Norman eurent conclu leur entente à l’amiable.

Malgré tout, M. Wynnyk a indiqué à M. Vance qu’il comptait bien prendre sa retraite.